samedi 19 décembre 2015

Fillon exhorte Hollande à un effort de compréhension de "la colère" dans le pays

Si le président "n'entend pas l'avertissement", il sera "responsable du naufrage national"

Le gouvernement n'a pas pris conscience du résultat qui a placé au premier tour le FN en tête dans six régions
,
déplore l'ancien Premier ministre dans Le Monde

En effet, François Fillon ne voit rien dans l'agenda gouvernemental "qui soit à la hauteur de l'avertissement des régionales"Dans sa tribune au Monde, le candidat à la primaire de LR va jusqu'à juger que François Hollande sera "responsable du naufrage national" s'il "n'entend pas l'avertissement" des régionales.
"François Hollande a un devoir : comprendre la colère et combattre le désespoir en faisant en sorte que les 16 mois qui lui restent ne soient pas les plus longs et les plus inutiles de la Ve République", écrit l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy dans cette tribune intitulée "M. Le Président, reprenez-vous, il y a urgence !" Pour lui, François Hollande "ferait bien de ne pas jouer au monarque au-dessus de la tempête, car lui et son gouvernement [ou son gouvernement et lui] sont les premiers responsables du climat délétère dans lequel s'est tenue l'élection régionale".

Hollande doit écarter Taubira

"Il est consternant d'entendre dire qu'à l'Élysée, on est
soulagé de pouvoir faire de la tactique sur les décombres d'un scrutin inquiétant pour tous", explique François Fillon. "Monsieur le Président, notre nation n'est pas seulement en état d'urgence face aux terroristes, elle est en alerte rouge sur le plan économique, social et démocratique. Le temps n'est plus aux demi-mesures. Si vous n'entendez pas l'avertissement, vous serez responsable du naufrage national", lance encore l'élu LR.

A propos de l'état d'urgence, Pierre-Olivier Sur, le bâtonnier du barreau de Paris, pointe les lacunes de la justice française face à la radicalisation. "On le sent, depuis quelques temps, il y a en ce moment quelque chose qui recule dans les grandes valeurs de notre société. A commencer par les libertés publiques. Ce que l'on voudrait aujourd'hui, c'est que l'on restreigne les libertés des terroristes et pas les nôtres."
Et d'ajouter: "Il faut que soit respecté un certain nombre de principes: l'état d'urgence doit être limité dans le temps. Il doit être ciblé exclusivement contre les terroristes en puissance. Enfin, toutes les procédures doivent prévoir le respect des droits de la défense et être soumises aux juges judiciaires sans désemparer."

Pour sa part, l'ancien chef du gouvernement considère aussi, entre autres, que si la ministre de la Justice Christiane Taubira "persiste à douter" du "bien-fondé" de l'état d'urgence, "alors, elle doit être écartée du gouvernement".

Ni le gouvernement, ni Les Républicains n'a besoin de francs-tireurs en interne.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vous pouvez ENTRER un COMMENTAIRE (il sera modéré):