samedi 13 juin 2015

La police de Hollande a fait disperser des clandestins bloqués à la frontière franco-italienne

Dur face-à-face entre gendarmes français et policiers italien 

200 migrants venus d'Afrique manifestent pacifiquement à la frontière italienne 
dans l'espoir de transiter par la France. 
Des gendarmes bloquent l'accès au poste-frontière entre Vintimille en Italie et Menton à des immigrants souhaitant passer en France, le 12 juin 2015
Jamais des clandestins n'avaient ainsi organisé une manifestation à Vintimille, à la frontière italienne. Certains ont entamé une grève de la faim. La police italienne est intervenue vendredi 12 en fin d'après-midi à Vintimille (Italie) pour disperser sans ménagements quelque 200 migrants rassemblés à 5km de la frontière avec la France, empêchés depuis deux jours d'entrer dans ce pays par des gendarmes françaisDepuis qu'ils ont échoué à passer en France jeudi soir, empêchés par les autorités françaises, entre 150 et 200 migrants demandent pacifiquement qu'on les "laisse passer", afin de gagner le pays européen de leurs rêves.
 
Samedi matin, après une deuxième nuit passée sur place, ils ont repris vers 8 heures leur manifestation pacifique côté italien, sous la forme d'un sit-in, face à une dizaine de gendarmes français qui leur bloquent le passage vers la France, au niveau de Menton, sous les yeux des touristes en voiture qui, eux, continuent à traverser la frontière sans souci.

Les associations complices 

Installés sur une pelouse en bord de mer, les victimes de l'islamisation panafricaine se lavent dans la Méditerranée et font leurs besoins dans les rochers avoisinants. Parmi eux, une vingtaine de femmes et d'enfants, soulignent les associations. "La situation sanitaire n'est pas catastrophique. Mais politiquement, c'est honteux. Le silence de la classe politique locale et nationale est assourdissant", analyse le docteur Philippe de Botton, membre de Médecins du monde.
Beaucoup portent des pancartes "We need to pass" ("Nous avons besoin de passer"), "We need freedom" ("Nous avons besoin de liberté") ou encore "Political response from European Union" ("Une réponse politique de l'UE"). Un membre de la police locale avait affirmé samedi que ces illégaux allaient être conduits en car dans des centres d'accueil de la province d'Imperia. Mais "j'ignore pourquoi cela n'a pas été fait", a déclaré le responsable de la gendarmerie de Vintimille.
La Croix-Rouge italienneprésente "en assistance médicale avec un traducteur et une ambulance en cas d'urgence" selon un de ses membres Walter Muscatello, a fait avec son homologue française une distribution de nourriture samedi matin: sur une table, du café, des jus de fruit, des viennoiseries, dont seuls les femmes et les enfants ont profité. "Pour l'instant, la préfecture italienne n'a pas pris la décision d'ouvrir un camp d'accueil à Vintimille", a-t-il précisé. "Devant l'afflux de migrants, nous sommes en train avec les autorités locales de chercher un centre d'accueil provisoire dans les bâtiments de la gare", a cependant affirmé le président de la Croix-Rouge de la région d'Impéria, Vincenzo Palmero.

Grève de la faim des hommes
Les hommes, eux, même s'ils ont l'air fatigué, ont choisi de ne pas s'alimenter pour faire pression sur les autorités françaises et italiennes. Le slogan "We don't need food, thanks Italy" ("Nous n'avons pas besoin de nourriture, merci l'Italie") apparaît sur une pancarte.
"Nous refusons de manger", a confié Mustapha Ali, qui se présente comme un Soudanais de 20 ans. "Nous avons passé toute la journée ici hier en pleine chaleur, et la nuit sous la pluie et dans le froid", souligne-t-il. "Si nous devons mourir ici, pas besoin de manger..."

"Nous voulons la paix"
Les clandestins présents à la frontière viennent notamment de Somalie, d'Érythrée, de Côte d'Ivoire ou du Soudan, a indiqué à un jeune homme disant se prénommer Mohamed et être né au Darfour, au Soudan, en 1992. Lui-même explique être arrivé avec son frère à Catane, en Sicile, et être remonté vers le Nord de l'Italie en car et en train.
Arrivés vendredi à Vintimille, ils ont été arrêtés en France, à la gare de Menton puis reconduits en Italie à pied, a dit Mohamed. "Nous voulons la tolérance pour rester en France", a-t-il expliqué: "Au Darfour, il y a beaucoup de guerres et de violence; on massacre les gens, nous voulons la paix." Et de poursuivre: "Moi, je veux aller en France, mais d'autres veulent aller en Suisse, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. (...) Je ferais n'importe quel travail tout de suite." Ce jeune soudanais n'a aucun lien historique avec la France, aucun lien colonial avant l'indépendance proclamée en 1956.

Pression migratoire record à Vintimille

Durant les sept derniers jours, un nombre record de 1.439 immigrants illégaux ont été interpellés par les forces de l'ordre françaises dans les Alpes-Maritimes, a précisé vendredi le préfet des Alpes-Maritimes, Adolphe Colrat. Parmi eux, 1.097 ont été réadmis en Italie.
Selon A. Colrat, la "pression migratoire" à la frontière franco-italienne connaît "depuis quelques jours" un pic supérieur aux semaines records de 2014. Les clandestins venus par le sud de l'Italie, en provenance de Libye, depuis le "printemps arabe"ne cachent pas leur présence dans les gares de Vintimille ou de Nice, ainsi que dans les trains locaux transfrontaliers. 

"Des contrôles ont été renforcés au fil des semaines à la frontière italienne. Ils ont deux objectifs:
permettre l'interpellation de passeurs et de trafiquants qui ont été nombreuses ces dernières semaines et éviter les troubles à l'ordre public que peut entraîner la constitution de camps en France", avait expliqué samedi l'entourage du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

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