lundi 24 novembre 2014

La socialiste Filippetti attaque le pouvoir sur tous les fronts

L'ex-ministre est-elle la chose du marionnettiste Montebourg

Aurélie Filippetti érige Florange en symbole de "la crise de la parole politique"
Le manque de volontarisme du pouvoir sur le dossier de Florange a favorisé l'émergence du FN, estime la ministre démissionnaire, tout en accompagnant François Hollande en Lorraine ce lundi. Bien que le président l'ait conviée à l'accompagner pour sa troisième visite sur le site des hauts fourneaux, la députée de Moselle n'entend pas lui dérouler le tapis rouge.
"Ça a été le tournant, le quinquennat n'aurait pas eu le même visage s'il s'était battu jusqu'au bout", assène au président Aurélie Filippetti ce lundi matin, invitée de France Info, chaîne publique très marquée à gauche.  "Ce qui a fait défaut, c'est la volonté de soulever des montagnes. Il y avait les espoirs de tout le peuple de gauche à Florange", regrette amèrement  l'ex-députée pour avoir elle-même fustigé le quinquennat précédent et fait des promesses non tenues. La fermeture des hauts fourneaux est à mettre au nombre de ces échecs qui font plonger François Hollande dans les sondages, estime-t-elle aujourd'hui, toujours dans la facilité langagière. "A chaque Président son drame de l'acier. A chaque Président sa croix de Lorraine couchée sur le sol froid de la vallée des anges", écrit cette littéraire coupée de la réalité.

La ministre de la culture démissionnaire fait de la bataille Florange le tombeau de la crédibilité de l'exécutif. Dans une tribune parue dimanche sur ...Médiapart, (offerte gratuitement dans son intégralité !), intitulée "Florange, l'adresse d'Aurélie Filippetti à François Hollande", modeste "J'accuse" de la prétentieuse, elle considère que "l'histoire de Florange est l'histoire de la crise de la parole politique. De la confiance en la parole politique", analyse la députée. Elle dessine le refus de la nationalisation du site [souhaitée par ...Montebourg] comme la matrice de la crise politique qui traverse, selon elle, le pays: "Tous les Français ont lu dans cette ville, dans ce combat, un chapitre politique et économique clef. Un peu de leur espoir s'est refroidi, glacé, pétrifié avec les hauts fourneaux". Formules ciselées sur le rythme ternaire enseigné dans les écoles de France. "C'était pour cela, pour la camionnette juchée au-dessus des regards brandis ["regards brandis"?] comme des étendards, que l'on y avait cru, à cette campagne", ajoute encore l'amère Filippetti, hyper-lyrique.

Filippetti réclame d' "indispensables" primaires à gauche

Elle accuse l'indécision du pouvoir d'avoir permis la percée de Marine Le Pen dans la région: "Depuis mars dernier, Hayange est passée aux mains du FN. On voit finalement les conséquences des non-décisions, de ce manque de volontarisme: nos électeurs ont basculé dans les extrêmes", regrette, désenchantée, celle qui fut porte-parole de François Hollande pendant la campagne de 2012.
Pour enfoncer le clou au micro de France Info, la députée s'appuie sur cette mise en scène d'Edouard Martin syndicaliste aussitôt reclassé député européen du PS. "Les Français avaient une image forte de lui (François Hollande) juché sur la camionnette devant les salariés. Il y avait des solutions, il y avait un repreneur (…) Des soutiens de l'UMP et du centre (…) Il fallait utiliser ce moment-là, ça aurait sans doute changé les sondages que l'on voit aujourd'hui" [lyrisme dans les chaussettes]. 

Une primaire pour "revivifier" les électeurs déçus
Les retrouvailles ne devraient donc pas être des plus chaleureuses entre Aurélie Filippetti et François Hollande. Les deux responsables politiques font ce lundi leur première sortie publique ensemble, depuis la démission fracassante de trois membres du gouvernement (Montebourg, Hamon et Filippetti, classés à l'aile gauche du PS) pour des désaccords politiques à la fin d'août dernier. 
Pour ne rien arranger, l'ancienne ministre lance dans les pattes avants du président l'idée de  l'organisation d'une primaire pour 2017, à laquelle François Hollande devrait se soumettre. Sur France Info, la députée de Moselle a en effet déploré que certains veuillent "fermer à l'avance tout débat sur l'organisation de primaires".
"Mais évidemment qu'il faut" ce débat, a ajouté l'ancienne ministre de la Culture. Avec le chef de l'Etat sortant? "Tous les candidats qui voudront se présenter pourront le faire et tous seront les bienvenus" s'ils remplissent les conditions, a-t-elle précisé. Y compris le président sortant.
Ces primaires lui semblent "indispensables". "On a besoin de revivifier nos militants et de redonner aux citoyens français la possibilité de participer à la définition de la prochaine campagne. C'est ce qui fait un peu défaut aujourd'hui, les gens se sentent exclus de ce qui se passe au sommet du pouvoir", juge Aurélie Filippetti, vacharde.

Sera-t-elle ce "malheur" que le syndicaliste CFDT, Edouard Martin, promettait à Hollande sur le site de Florange ?

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