jeudi 18 septembre 2014

Voitures incendiées : un maire du Nord écrit à François Hollande

Valls, ancien ministre de l'Intérieur, trop agité pour agir ?

Dans la banlieue de Lille, pas moins de 21 voitures ont été incendiées en deux semaines.
 
Quartier de la Rouge-Porte
à Halluin (août 2014)
Le préfet et son ministre sont-ils dépassés, que Gustave Dassonville, le maire UMP d'Halluin, a envoyé lundi à François Hollande une lettre de demande de renforts policiers?
La rue des Frères-Baert porte encore les traces noires des incidents du week-end dernier. Sept véhicules sont partis en flammes dans la nuit de samedi à dimanche. Ce qui porte à 21 le nombre de voitures incendiées depuis deux semaines dans cette commune frontalière de la Belgique dans le département du Nord. Depuis, le quartier de la Rouge Porte est en effervescence. "C'était l'apocalypse, assure Sandrine, 38 ans. Depuis, nos jumelles de 11 ans ont peur et dorment dans le même lit." Il ne reste plus rien d'une des deux voitures de cette famille.

"Aujourd'hui, quand on rentre la nuit, on a peur," dans la métropole lilloise
Sabine, 51 ans, a également perdu ses deux véhicules. "Mon quartier, je ne le vois plus de la même façon; je me sens moins en sécurité. Il y a quelques années, on voulait déménager, on ne l'a pas fait, je regrette bien. Pour vendre une maison quand il se passe ça, c'est compliqué… Il y a de la place pour se garer, c'est l'avantage !" L'Halluinoise a beau ironiser, la situation inquiète dans cette ville de 20.000 habitants. "Avant, Halluin, c'était la ville où on rêvait de vivre, témoigne Sandrine, 44 ans.
 
Plus de policiers et plus de caméras

Halluin, septembre 2014
Dans cette ville surnommée "Halluin la Rouge", l'inquiétude est d'autant plus vives que cette série d'incendies reste inexpliquée. La police s'oriente vers la piste évidente du vandalisme ou d'une poussée de violence liée à un trafic de stupéfiants facilité par la proximité de la frontière belge. Depuis quelques temps déjà, les habitants de ce quartier sont sur le qui-vive.  

Dans la nuit de samedi à dimanche, le double vitrage de la fenêtre de Caroline, 33 ans, s'est fendu sous la chaleur des flammes. Son voisin admet qu'il est "sur ses gardes", et qu'il en a "ras-le-bol". "Jusqu'au jour où quelqu'un flinguera un autre parce qu'il touchera à sa voiture", s'inquiète-t-il. "Les gens ont le sentiment d'être abandonnés, souligne le maire UMP, Gustave Dassonville, qui a pris la ville au PS. Le risque, c'est que les habitants se radicalisent: ils me disent qu'ils ne vont plus payer leurs impôts, qu'ils vont se faire justice eux-mêmes…

Dans son courrier adressé à François Hollande, le maire va jusqu'à évoquer "un début de guérilla urbaine". 
"Pendant que vous faites la police en Irak ou en Syrie, ça brûle chez nous, sans que ça ait l'air d'émouvoir votre gouvernement", écrit-il, avant de dépeindre la scène de la nuit du 13 au 14 septembre: "On se serait cru à Beyrouth." 
"C'est le devoir d'un maire de faire remonter les choses avant qu'il ne soit trop tard", estime Gustave Dassonville, et si les images sont fortes, c'est pour avoir, peut-être, la chance d'obtenir une réponse: "Je suis lucide; je sais qu'il n'y a pas qu'Halluin." 

Pour l'élu, il faudrait plus de policiers, mais aussi plus de caméras de vidéosurveillance. Il veut en doubler le nombre dans sa commune durant son mandat. Il y a quelques années, la commune mi-urbaine mi-rurale, avait l'image d'un "havre de paix". Pour son maire, elle est "en train de devenir Roubaix".

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