mardi 25 mars 2014

Volée de bois vert aux municipales: l'aile gauche du PS voit rouge

Le PS se débande face à la fronde de ses extrémistes

La gauche du PS rend la politique de Hollande envers les entreprises responsable du rejet
Lienemann-Maurel-Guedj
Les marxisants peinent à se contenir.
Un seul représentant de l'aile gauche du PS a fait part de son indignation, dimanche soir après les résultats du premier tour des élections municipales, "Qui ose faire le naïf en se demandant 'pourquoi le FN est si haut?'. La raison est clairement établie et on avait eu l'annonce à Brignoles", a déploré le député socialiste d'origine iranienne, Pouria Amirshahi, sur son compte Twitter. Pour le reste, silence radio, du moins entre les deux tours et en public. "On s'autocensure beaucoup pour l'instant. J'ai choisi de ne faire aucun commentaire tellement j'étais énervé", confie un membre de l'aile gauche qui s'était toutefois promis de se faire entendre lundi soir dans le huis clos du bureau national du parti.

La polémique publique au PS éclatera  le 30 mars au soir

Sur le terrain, les candidats socialistes sont en pleines négociations pour rallier à leurs côtés les Verts, les communistes et même le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Mais passé le second tour…

L'inévitable explication de texte est déjà programmée  

"Ça va faire bientôt deux ans que l'on dit que la ligne n'est pas la bonne", déplorent nombre de socialistes qui gardent encore l'anonymat. La liste noire est déjà longue des griefs à l'encontre de François Hollande et de ses mesures: traité européen, crédit impôt compétitivité emploi (CICE), politique fiscale Et elle s'apprête à s'enrichir d'un nouveau contentieux sur le pacte de responsabilité qui s'enlise déjà. 
Pour l'aile gauche, c'est avant tout un rejet de la politique du chef de l'État à l'égard des entreprises qui s'est exprimé dans ce premier tour des municipales. Et cette analyse est partagée au-delà de la seule aile gauche.
Pour les Français qui rejettent la majorité présidentielle, ce sont les lois sociétales qui ont braqué les électeurs de tous bords. Le vote sanction du 23 mars dernier s'explique aussi par le saccage du code civil. Selon Sophie de Menthon, l'Etat n'a pas à légiférer dans la vie privée des individus et ne doit pas décider de la position de la femme au sein de la société, ni décréter l'indifférenciation des sexes.

Un retour aux écoutes, mais un manque d'écoute 
"C'est toujours une erreur si l'on n'entend pas les électeurs", se désolidarise Claude Bartolone, qui plaide depuis longtemps pour un assouplissement des contraintes budgétaires. Selon le président de l'Assemblée nationale, "la seule politique qui est celle de dire qu'il faut lutter contre l'inflation aboutit au niveau européen à des malaises sociaux". D'où son appel à François Hollande pour qu'il tienne "compte des problèmes de pouvoir d'achat".

Incohérence politique de l'exécutif
Malgré son inexpérience, Hollande croyait pouvoir réaliser le tour de force de garder son aile gauche frondeuse dans le giron tout en passant à une phase de séduction du patronat avec des propos et dispositifs socio-libéraux, après avoir collé à la doxa socialiste pure et dure, les matraquant d'impôts et de contraintes. Aucune des parties ne parvient à suivre la ligne en zig-zags de Hollande et chacun appréhende le prochain retournement.

Les municipales pourraient-elles déboucher sur une inflexion de la politique du chef de l'État?
 

Le puceron est dans la rose
L'aile gauche l'espère sans trop y croire. 
"Il peut avoir la tentation de faire totalement l'inverse de ce que la logique lui commanderait et décider finalement d'aller plus vite, plus fort, plus loin", redoute-t-on, apparemment à raison: l'adhésion à une politique d'austérité n'est pas un chèque en blanc. "La réponse ne peut pas être dans un changement de cap sur les choix politiques et budgétaires, plaide un anonyme, proche du président de la République. Le pacte de responsabilité ne peut pas être mis en cause par des élections municipales." Fermez le ban.

On se méfie plutôt de l'aile gauche et de ses idées.
François Hollande s'apprête à se livrer encore à une amplification de sa politique de soutien aux entreprisesà l'inverse des espoirs de l'aile gauche du PS. "Même s'il peut y avoir des inflexions", concède-t-on, entre deux portes, dans son entourage en pensant surtout à des concessions sur le sociétal

Ce proche de Hollande fait mine de s'interroger.  "Est-ce que la politique qu'ils prônent est une politique qui fonctionnerait?" Depuis deux ans, la réponse de l'Élysée est non.

Jean-Luc Mélenchon travaille les socialistes radicaux au corps
Le candidat du Front de Gauche (allié des communistes) à l'élection présidentielle de 2012, a lancé en février un appel au rassemblement de "tous ceux qui se définissent comme l'opposition de gauche", y compris la gauche du Parti socialiste, en vue de listes communes aux élections européennes.
Et les européennes sont dans deux mois...

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