dimanche 15 juillet 2012

PSA: l'Etat promet d'agir mais ne convainc pas sur ses moyens

Hollande n'a rien appris de l'expérience de Jospin à Vilvorde





Il y a eu Jospin à Vilvorde;
il y aura Hollande-Moscovici-Montebourg
à Aulnay-sous-Bois et Rennes



PSA a provoqué un coup de tonnerre en annonçant 8.000 suppressions de postes en France, la fermeture en 2014 de l'usine d'Aulnay en Seine-Saint-Denis (3.000 salariés) et la disparition de 1.400 nouveaux postes à Rennes, des réservoirs d'électeurs socialistes.

Au total, environ un emploi sur dix dans l'activité automobile de PSA en France va disparaître.

L'intervention du chef de l'Etat samedi n'a pas rassuré sur les moyens d'action que le gouvernement est à même de déployer à l'égard d'un groupe dont l'Etat n'est pas actionnaire.

Le pouvoir souffle le froid et le chaud


D'abord,  Pierre Moscovici a jugé le plan de suppressions d'emploi  "en l'état inacceptable", reprenant ainsi  les mots de François Hollande et le gouvernement entame cette semaine des discussions avec les syndicats et la direction, mais il apparaît plus fort pour accuser ses prédécesseurs que pour sortir du flou de ses moyens d'action.


François Hollande a stigmatisé PSA samedi,  en incriminant "des choix stratégiques qui n'ont pas été bons".

Interrogé sur la "légitimité" de M. Varin à la tête de PSA, M. Moscovici a pour sa part souligné que l'entreprise étant "privée", elle choisissait "son propre management".
"On va discuter avec Varin. Je ne suis pas là pour déstabiliser mais pour construire et trouver des solutions", a-t-il ajouté, peu courtois dans sa désignation de son prochain interlocuteur. 


Hollande fait le matamore

Il assure ne pas être pris au dépourvu par la situation et promet un plan  automobile qui sera présenté en conseil des ministres le 25 juillet, mais refusait samedi d'en dévoiler le moindre détail détail.  Non sans ambition, Moscovici a cependant souligné que "ce ne serait pas un 'plan Peugeot' mais un plan pour toute la filière, PSA, Renault et la sous-traitance". "Nous ne sommes pas démunis", a-t-il tenu à faire savoir.


Le 25 juillet se tiendra aussi le prochain Comité central d'entreprise de PSA qui marquera le début de la négociation entre direction et syndicats sur les mesures radicales annoncées le 12 juillet.
Mais le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, recevra dès mardi les représentants syndicaux du constructeur et mercredi, ce sera le tour du président du directoire, Philippe Varin.

La CGT évoque la mollesse du pouvoir


"M. Hollande a jugé inacceptable le plan de licenciements +en l'état+. Pour nous, c'est le plan de licenciements tout court qui est inacceptable", a réagi samedi Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT à l'usine d'Aulnay, estimant "insuffisants" les propos du président.

L'Etat a "les moyens d'interdire la fermeture" de l'usine en Seine-Saint-Denis, a-t-il insisté.

Mais François Hollande n'a pas entretenu cet espoir: le gouvernement ne peut pas interdire la fermeture du site, mais "nous pouvons faire en sorte qu'Aulnay reste un site industriel", a-t-il dit.

La déléguée du SIA, syndicat majoritaire à l'usine d'Aulnay, Tania Sussest lui a demandé de recevoir des représentants des salariés. Du président, elle attendait dimanche "de vraies propositions pour assurer l'avenir des salariés d'Aulnay".


Hollande prépare un nouveau Vilvorde

VOIR et ENTENDRE les promesses de Jospin à VILVORDE en 1997 et les réactions de Marie-Noëlle Lienemann et ... la Ch'tite Aubry:

Hollande fait des promesses qu'il ne peut tenir

La "concertation" devra aboutir à "ce qu'il n'y ait aucun licenciement sec" et que "chaque salarié" se voit proposer "des solutions", a souhaité le président. A Vilvorde, on sait ce qu'il faut penser de ce type de déclarations que Hollande a le front de reprendre en 2012.

Selon un sondage IFOP pour le quotidien L'Humanité à paraître lundi, les Français sont plus nombreux à estimer que le gouvernement doit s'assurer d'abord que toutes les solutions du dialogue social ont été explorées (38%) qu'à souhaiter qu'il oblige la direction à revenir sur les suppressions (28%), apporte une aide financière (21%) ou n'interfère dans les affaires d'une entreprise privée (13%).


François Hollande  a créé les conditions d'un dialogue tendu
Le président de la gauche sociale  s'est montré particulièrement virulent à l'égard de la direction, l'accusant de "mensonge" sur ses véritables intentions ces derniers mois.

Le gouvernement a chargé un expert de contrôler la situation financière du groupe pour évaluer avant fin juillet si les mesures radicales prévues "sont nécessaires et proportionnées aux difficultés alléguées", selon la feuille de route. 
Le diagnostic qui sera tiré sera un élément de poids dans la négociation qui va s'engager.

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