jeudi 6 octobre 2011

La France veut-elle Hollande, un futur président en ceinture et bretelles ?

Primaire PS: le 3e débat de Hollande, verbeux et prudent

Les Français ont-il besoin d'un indécis à l'Elysée


François Hollande a misé hier sur le confort de son avance dans les sondages
Il a craint de se brûler les ailes et s'est tenu en retrait. Sa stratégie consistait à en dire le moins possible pour contenter le plus grand nombre. Ses amis ont entendu un pédagogue: la pédagogie consisterait donc à répéter et délayer en phrases creuses mais longues pour attendre la sonnerie de la récréation, sans avoir rien dit qui aurait pu stimuler la réflexion et appelé d'autres questions.

Hollande a fait de la rétention d'information autant que ses adversaires, comme les journalistes, lui en ont laissé la possibilité. Et la presse sympathisante a trouvé de la retenue dans cette lâcheté qui laisse l'électeur à l'abandon, dont la confrontation devait le sortir. Dans un monde en crise, les qualités que recherche le peuple chez un chef d'Etat serait donc le détachement et la prudence. Pour ce troisième et dernier débat télévisé du premier tour des primaires où les candidats ont fait valoir leurs derniers arguments à quatre jours du scrutin, il s'est trouvé des media pour se satisfaire d'un peu d'eau tiède.

VOIR et ENTENDRE
les enjeux: deux ont tout à perdre et seront sur la réserve; quatre ont tout à gagner, mais ont-ils quoi que ce soit à livrer ?


Les thèmes approchés

Malgré près de deux heures trente sur BFM-TV, les six candidats ont tourné autour des foyers d'incendie de la crise, de l'Europe, des retraites, des banlieues et de la santé, s'égratignant parfois, comme sur la gouvernance économique et l'éducation.

Préoccupés de faire bonne figure, les débatteurs ont surtout veillé à ne pas se griller, fusse aux dépens des sujets brûlants et du reboisement des terres industrielles de France.
Ce débat des primaires a permis à chacun de mettre en valeur des visites éclairs sur les lieux de petits conflits sociaux locaux pour s'attribuer le mérite d'un sauvetage ponctuel, suggérant ainsi qu'ils seraient capables de sauver l'ensemble du sinistre sur des modèles particuliers et microcosmiques, par la magie d'une cascade de dominos. Ainsi la bientôt sexagénaire du Poitou-Charente ressasse-t-elle l'exemple multi-usages de la Mia, voiture électrique sortie des bureaux d’étude d’Heuliez à Cerizay, mais qui depuis un an n'a toujours pas quitté les Deux-Sèvres: les premières livraisons étaient annoncées pour juin 2011 et les premières ventes aux particuliers ...en 2012, évidemment ! Ou 2017, si les partenaires, le groupe énergétique MVV Energie, basé à Mannheim, et la mairie de Nice, ville dirigée par Christian Estrosi, ex-ministre de l’Industrie, qui ont apporté leur soutien à l'entreprise, mais ont été écartés du débat, ont la patience d'attendre ?...

Le ton hargneux de Martine Brochen-Aubry est qualifié de combatif et l'air grincheux de Désirdavenir Royal ont contrasté avec le visage grave et le silence hautain de François Hollande, qui a esquivé les attaques et laissé suinter des idées, sans avancer de nouvelles propositions. L'ennui total !

L'ex-premier secrétaire du PS a fait sourire, assurant dès l'ouverture du débat qu'il serait fidèle au projet socialiste !
Ce qui effectivement allait mieux en le disant, puisque les autres refusent de se laisser lier!
Mais Hollande était visiblement hanté par le sortilège qui s'était abattu sur l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, quand à quelques mois de se faire éliminer du premier tour de la présidentielle en 2002 par le FN, le socialiste n'avait pas exclu de s'en écarter. Sa Cynique Majesté Royal n'avait que mépris affiché pour le projet du PS et s'était d'ailleurs faite étendre à son tour cinq ans plus tard. "Oui, j'ai voté le projet socialiste comme nous tous et je suis lié par cet engagement", a assuré Hollande à qui veut l'entendre.
"Les priorités qui ont été posées, les propositions principales, je les fais miennes", a insisté François Hollande, reconnaissant toutefois que les circonstances économiques avaient changé depuis l'élaboration de ce projet, au printemps: la porte ouverte à un reniement, à peine sa promesse énoncée !

Le député de Corrèze s'est projeté au-delà de la primaire
Comme lors des deux débats précédents et comme s'il avait déjà raflé la mise de la primaire 2011, mais aussi de la présidentielle 2012, il a annoncé notamment une grande tournée européenne "pour préparer notre arrivée en 2012".
"Dans sept mois c'est le choix : choix de la continuité avec Nicolas Sarkozy, choix du changement avec l'une ou l'un d'entre nous", a-t-il déclaré en fin d'émission. "C'est par rapport à ce moment-là que je me suis préparé depuis de longs mois."

Le favori est un botteur en touche

Cible de ces dames, il a esquivé tous les points non convenus

Mal de tête ou désir à plat, Flamby 1er a flanché, quand un journaliste lui a opposé des critiques de la mère de ses enfants, Marie-sEGOlène Royal, qui l'a provoqué en le traitant de "notable" dont le programme revient à dire "Dormez braves gens" !

Martine Brochen-Aubry lui a aussi lancé des piques sexuées.
"On ne pourra pas battre une droite dure en étant une gauche molle", a prévenu Madame Tape-dur qui s'annonce comme "la présidente du redressement économique, moral, du rayonnement de la France mais aussi la présidente de la justice". La candidate qui en a, façon camionneur.

Trop mou, Hollande ne sort pas couvert, il fait carrément abstinence.

Le PS fait de l'éducation une affaire d'argent et non de pédagogie

En matière éducative, chaque candidat a vivement réagi à l'idée de François Hollande de créer 60.000 postes sur cinq ans
pour compenser ceux des fonctionnaires de l'Etat supprimés du fait de la dette publique sous la mandature du président confronté à la crise économique et financière internationale.

"Les syndicats eux-mêmes ne demandent pas cet engagement", qui coûtera "sept milliards sur cinq ans", a objecté l'amère Royal, qui décidément adore les enseignants.
Lien PaSiDupes

Frontalement, la maire de Lille a interpellé le député de Corrèze : " Ça coûte combien ?" Les intermittents seraient mieux servis que les enfants démotivés. "Cinq cents millions par an, l'équivalant du bouclier fiscal. Moi je veux un bouclier scolaire", a répliqué l'interpelé.

Mais la Ch'tite Aubry a souligné que son principal rival a changé d’avis : " Je voulais vérifier que François Hollande, après avoir proposé de ne pas abroger le budget de l’Education nationale, maintenant voulait l’augmenter de 2,5 mds ".
Et d'ajouter : "Si on veut présider demain, il faut préciser aujourd'hui." Ce qu'elle a d'ailleurs fait elle-même à propos de la Culture, provoquant l'hilarité générale à Avignon !
Lien PaSiDupes


Les candidats socialos se sont employés à récupérer les entreprises


Après les avoir alarmées lors de la première partie de l'émission,
les candidats ont entrepris de rassurer sur la désindustrialisation et à la mondialisation.

Pour défendre les patrons créateurs d'emplois, le radical Arnaud Montebourg a lancé à Manuel Valls que "les tribunaux sont plus à gauche que Manuel Valls", tandis que l'amère Royal ressassait son idée d'interdire les licenciements boursiers. On retiendra surtout la reconnaissance que les tribunaux sont positionnés à la gauche du PS.

La réforme des retraites divise les six candidats

Les candidats égarent les commentateurs: que dire alors des électeurs ?


Selon France Info, "le débat a fait apparaître de vraies différences sur des dossiers de fond comme les retraites ou la santé", mais pour Reuters, "les six candidats n'ont pas marqué de différence de fond sur la question des retraites." Qui croire ?

Les candidats divergent sur le projet
"La réforme Fillon est la plus injuste et la plus dure d'Europe", a maintenu Arnaud Montebourg ! Et pourtant, le président du Parti radical, Jean-Michel Baylet, considère que "c'est une réforme injuste, mais pour autant nous ne reviendrons pas sur les 60 ans".

La lutte contre les déserts médicaux creuse les différences
Le totalitaire Arnaud Montebourg veut obliger les médecins à s’installer dans les régions qui en manquent pendant plusieurs années à la fin de leurs études.
"Les mesures incitatives [c'est un doux euphémisme], ça ne marche pas", objecte Mme Tape-Dur Brochen-Aubry.
François Hollande, Manuel Valls et Jean-Michel Baylet s'affolent à l'idée que l'image d'un PS stalinien s'inscrive dans l'opinion et les partisans de nationalisations et de braquages de banques clament qu’on ne peut pas imaginer obliger les médecins à s’installer là où ils ne veulent pas aller.

Le projet officiel du PS est fait pour être bafoué

Sur les retraites
, François Hollande parle d’augmenter la durée de cotisation.
Manuel Valls estime, lui, qu’il n’y aura pas de retour "à la retraite à 60 ans telle qu’elle a été instaurée en 1982".

Marie-sEGOlène Royale n’est pas d’accord. Elle affirme que le retour à la retraite à 60 ans sera au menu de son 1er conseil des ministres si elle est élue présidente.
Martine Brochen-Aubry, elle, voudrait que "ceux qui ont commencé à travailler tôt" puissent "partir à taux plein à 60 ans". Un encouragement à faire des études longues: les élites devront se rabattre sur des CAP !

Les primaires feront-elles recette ?

En fin de débat, chaque candidat a lancé un dernier appel au bon coeur des militants pour qu'ils votent en sa faveur dimanche. Et déposent leur obole !

"Ces primaires ont soulevé une grande espérance et je suis prête à la porter", a dit Martine Brochen-Aubry.
Arnaud Montebourg a invité à "écrire ensemble un chapitre nouveau de l'Histoire de la France".
La Gelée Royal ne manque toujours pas d'air en désirant "prolonger la belle histoire de la précédente élection présidentielle". Jusqu'en 2017 ? 2007-2017 !
"Je sollicite la confiance", a dit François Hollande, tandis que Manuel Valls se posait en garant "du respect et de la vérité".

Le PS assure en effet avoir besoin de financement
Le PCF nous fait croire qu'il fonctionne grâce à la vente de brins de muguet du 1er mai et le PS mise sur des primaires payantes ! Il espère d'ailleurs qu'il y aura deux tours pour faire cracher deux fois au bassinet.
La démocratie a un prix
Reste à savoir si les plus défavorisés, qu'ils soient des clandestins qualifiés de "sans papiers" ou des révolutionnaires étrangers au statut de réfugiés en France ont droit à une allocation de scrutin socialiste ?

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