mardi 22 février 2011

Primaire PS: DSK fait campagne par épouse interposée

La journaliste Anne Sinclair éreinte le débat sur l'islam en France, voulu par Sarkozy

Anne Sinclair, épouse Strauss-Kahn, le candidat en réserve de la primaire PS pour la présidentielle, met l'autre pied dans la campagne.

Après un long silence qui suggérait l'indifférence au sort des Français dans la crise, Madame la présidente du FMI (par alliance !) avait déjà mis un pied dans le plat socialiste en s'épanchant sur le poids de son exil américain, histoire de mettre la Rue de Solférino en émoi et la presse en effervescence. C'était pour le moins inattendu d'ailleurs de la part d'une épouse bafouée dont le récit des frasques du mari volage avaient traversé l'Atlantique. Alors que Dominique Strauss-Kahn était visé par une enquête du FMI sur une aventure extra-conjugale de son divin mari, Anne Sinclair, annonçait le dimanche 19 octobre 2008 (déjà un dimanche et sur son blog) qu'elle et lui s'aiment "comme au premier jour" et que la page "est tournée".
Ainsi, le PS aurait-il un candidat que la femme tenterait d'arracher à ses maitresses pour le jeter dans les bras des militants socialistes !
On ne sait plus où on va, maintenant que Mme DSK fait don de son mari aux militantes...

Au début du mois, dans la perspective de la primaire du PS, Anne Sinclair avait gardé la place chaude pur DSK, déclarant: ""J'ai lu dans plusieurs journaux français que la réélection de Dominique serait assurée à la tête du FMI. Pour ce qui me concerne, je ne souhaite pas qu'il fasse un second mandat. "J'ai lu dans plusieurs journaux français que la réélection de Dominique serait assurée à la tête du FMI. [La bonne épouse!] Pour ce qui me concerne, je ne souhaite pas qu'il fasse un second mandat."

Or, voilà que dimanche dernier, la journaliste de Canal+ manifeste à nouveau de l'intérêt pour la France et reprend du service, sur son blog, comme le ferait un confrère de Mediapart ou une consoeur de Slate.
Sous le titre "Jouer avec le feu", l'ancienne directrice générale de TF1 Entreprise écrit en effet dans un billet: "Voici qu'après les malheureuses tentatives pour affoler les esprits sur l'identité nationale, après la loi sur la burqa, les dérapages sur les Roms, on nous annonce de toute urgence un débat national sur l'Islam".

La dame n'a pas la culture du débat

"Un débat? Sur religion et démocratie? Sur le futur des pays en développement? Sur les inégalités nord-sud? Sur cette Europe de la Méditerranée qui n'aura pas duré plus que le temps d'un colloque?", s'interroger Anne Sinclair, qui souligne en fait de ses questions la nécessité de régler les problèmes en suspens.

L'épouse du directeur général du FMI, candidat socialiste favori des Français, selon les sondages, est soupçonneuse.
"Ou plutôt, n'est-ce pas, comme d'habitude, la volonté d'agiter les peurs en espérant dégonfler l'extrême droite et ressouder une droite déboussolée devant les alarmes des Français devant les inégalités inacceptables, le chômage omniprésent, l'école en déroute, la santé en panne, l'Europe toute entière en crise", poursuit .
La semaine dernière, le président Nicolas Sarkozy a en effet invité les partis de la majorité et les parlementaires de se saisir du débat sur "la laïcité" et la place de l'islam en France, plaidant pour un "islam de France" et non "un islam en France". L'UMP a prévu d'organiser une convention sur ce thème, le 5 avril.

L'héritière socialiste du grand marchand d'art (parisien puis new-yorkais), Paul Rosenberg, ironise.
Elle a le sentiment que cette initiative contribuerait à faire progresser le FN: "Et après tout le fracas qui a déjà eu lieu, quel résultat? Marine Le Pen à 20% dans les sondages. Belle réussite!". La socialiste est-elle à ce point pessimiste qu'elle prend les devants?
En somme, en lançant la campagne présidentielle, l'épouse de candidat recommande d'occulter tout ce qui agite la société française. Falbala récupère ainsi "certains à droite, comme Alain Juppé, qui s'émeuvent à juste titre devant la perspective de remuer encore une fois cette trouble marmite".

DSK a flouté sa stature de présidentiable

Durant tout le week-end, profitant de sa venue à Paris pour le G20 des ministres des Finances, M. Sinclair s'est pavané sous les caméras, regard panoramique, menton haut et démarche chaloupée. Contraint par le devoir de réserve, il a distillé des petites phrases, susceptibles de faire comprendre qu'il serait candidat à la primaire socialiste. Mais elles furent plus sibylines que malignes et, de cette manipulation-là, les media sortirent Gros-Jean comme devant. Certains décrypteurs émérites ont pris des risques en tentant de donner consistance à ses propos creux de dimanche soir sur France 2.

DSK met tout le monde dans la panade

Au risque de faire la démonstration que le président du FMI est bel et bien sorti de son devoir de réserve, les journalistes ont assuré que, sur le service public, il a défendu la nécessité de répondre à la "souffrance sociale" qui s'exprime dans le pays.
Au risque de sacrifier la poule aux oeufs d'or à ses intérêts, pour déserrer le piège dans lequel il s'est mis, DSK a envoyé sa nantie de conjointe prendre les coups.

Les réactions au billet pas doux d'Anne
Tandis que Le Figaro estime que "Sinclair s'invite dans le débat sur l'islam et la République", Rue89 (Libération) milite au côté de l'insurgée: "Anne Sinclair impose son style"... LePost est plus net et subtil (!), polémiquant: "Quand la droite dénie à Anne Sinclair le droit d'être citoyenne" !

C'est que les citoyens condamnent le subterfuge
Exemple, vu sur Orange Actu:
"C'est curieux comment cet homme a besoin de sous-fifre [et de sous-titres], dont Anne Sinclair: à certains moments il l'écarte, et puis lorsqu'il a besoin d'elle, il s'en sert ..... Ce jeu "du chat et de la souris", le déservira surement dans les années à venir !!!! Il veut donner l'image d'un homme de gauche, mais comment en gagnant mensuellement ce qu'il gagne au FMI [300.000 dollars, sans les avantages en nature] peut-il être crédible !!!"

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