lundi 14 décembre 2009

Rachida Dati: le Parlement européen lui pèse

Ecoute téléphonique: M6 vole une confidence

Les journalistes de M6 ne sont pas des paparazzi, mais...

Une équipe de « 66 Minutes », sur M6, a suivi Rachida Dati dans les travées du Parlement Européen, à Strasbourg, pour les besoins d'un reportage.

Mais des journalistes se permettent ce qui est interdit à la police

Par respect de la personne qui vient tout juste de leur accorder un entretien, ils abusent de sa confiance en laissant son micro-cravate ouvert, alors qu'elle livrait ses impressions et sentiments à une proche, au téléphone.
Et ces vertueux du journalisme éthique, qui aimeraient par ailleurs se distinguer de la presse caniveau, n'ont pas de complexes, puisque les voyous de M6 ont diffusé dimanche soir les propos volés à l'ancienne Garde des Sceaux.

Et des organes de presse -tel le site Rue89 (de Libération)- qui peinent à faire leur place sur le Net, en font un copié-collé tout à leur honneur.

Amateur du travail tout fait, ils ne se livrent à aucune analyse ou « décryptage », comme ils se plaisent à dire.
Malgré aussi leur insolente bienveillance, et leur compassion pour les employés de France Télécom, ils restent imperméables à la souffrance d'une ex-ministre de premier plan qui fait la douloureuse expérience d'un premier mandat électif qu'elle n'a pas choisi de briguer. Dans ces media, les psychologues de service ne se sont pas encore penchés sur les inconvénients du métier de député européen, car il n'en connaissent que la face supposée rose. Un journaliste n'est pas censé en effet connaître le sujet qu'il couvre.
« Là, tu sais où je suis, je suis à ma place, et je ne sais pas si tu entends derrière, je suis dans l'hémicycle du parlement de Strasbourg, là. Je n'en peux plus, je n'en peux plus ! Je pense qu'il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat, là. » Les professionnels de la polémique politique savent parfaitement ce qui rend cette situation insupportable à la maire du VIIe arrondissement parisien. Pourquoi la sortent-elle, croyez-vous, du contexte du jour?

L'ancienne Garde des Sceaux en dit un plus long, mais les morceaux choisis reproduits par la presse ne nous permettent pas de nous faire une opinion en situation.
« Je suis obligée de rester là, de faire la maline, parce qu'il y a juste un peu de presse et, d'autre part, il y a l'élection de Barroso. Oui, oui, il va être élu mais si tu veux, quand tu es à Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon, ça veut dire que tu n'es pas là » Un piège doré qui convient mieux aux inactifs.

Or, à la décharge de cette cible de la presse d'opposition, son planning portait ce jour-là sur les « perspectives pour la septième législature » à la Commission des affaires économiques et monétaires ». Elle avait donc décidé de participer à une réflexion d'importance et, dans l'attente, s'impatientait à l'idée de perdre son temps à une confirmation solennelle d'un vote déjà officialisé.
Les temps morts comblent les élus au bout du rouleau et les m'as-tu-vu du Parlement européen. Mais aussi les fabricants de buzz...

A noter qu'à la date de diffusion, nous sommes le 14 décembre et que les écoutes téléphoniques remontent au 16 septembre, lors de l'approbation par le Parlement de la reconduction de José Manuel Barroso à son poste. Trois mois plus tard.

La trahison fait partie de l'impertinence d'une certaine presse...

1 commentaire:

  1. Cette vidéo ne choque pas : on savait que cette "corvée" lui était imposée pour "sortir dignement" donc pas de surprise. Mais sa façon de le dire est simple et digne pour du privé.
    Quand aux moralisateurs qui lui reprochent de ne pas faire honneur à son mandat, ils oublient que le parlement européen n'est qu'un ersatz de parlement : il y a pleins de domaines communautaires qui lui échappent, il n'a pas l'initiative des lois et il n'a pas un vrai exécutif face à lui. Je comprend que ses débats extrêmement techniques puissent paraitre emmerdatoires.

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