samedi 6 juin 2009

Européennes 2009, mode d’emploi et enjeux

Des enjeux encore sous-estimés Les Français désigneront demain, 7 juin, leurs 72 députés au Parlement Européen.
C'est la septième fois depuis 1979 que les députés européens sont élus au suffrage universel direct au même moment dans tous les pays de l'Union.

Cette élection ne passionne pas les foules et les Français qui râlent contre leurs gouvernants n’ont toujours pas réalisé que plus de la moitié des décisions concernant leur présent et leur avenir est prise à Strasbourg et Bruxelles. Ces élections revêtent donc une réelle importance. Les abstentionnistes continueront évidemment à adresser leurs plaintes aux gouvernements en place, mais déjà les syndicats, tels ceux de pêcheurs ou de Continental, commencent toutefois à se tourner vers l’Union Européenne pour faire avancer leurs revendications.
En effet, souvent présenté comme une institution croupion, le Parlement de Strasbourg dispose de pouvoirs significatifs. Le scrutin du 7 juin sera détourné de son objet par l’opposition qui, dans un esprit de revanche, a voulu en faire un baromètre de la situation politique française, mais s’expose ainsi à un nouveau désaveu de ses pratiques à défaut de programme alternatif.

  • Le nombre de députés
    La France ne disposera plus que de 72 députés au Parlement européen, alors qu'ils sont 78 actuellement et qu'ils étaient 87 lors de la mandature 1999-2004. Paris a en effet accepté, dans le traité de Nice, signé en 2001, de céder des sièges en raison de la différence de population entre la France et l'Allemagne et de l'adhésion progressive de douze pays d'Europe centrale et balkanique à l'Union européenne.
  • Le mode de scrutin
    Les députés français au Parlement européen sont élus à la proportionnelle et les sièges répartis entre les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages. Ce mode de scrutin permet aux partis contestataires - Front national, mouvements d'extrême gauche - de disposer de députés à Strasbourg alors qu'ils n'en ont aucun à l'Assemblée nationale ou au Sénat.
  • Les circonscriptions
    Depuis 2003, à l'initiative de Jacques Chirac qui souhaitait rapprocher les eurodéputés de leurs électeurs, la France est découpée pour les européennes en huit circonscriptions électorales, qui, à l'exception de l'Ile-de-France, regroupent plusieurs régions. La circonscription Nord-Ouest réunit le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et les deux Normandie. La circonscription Est rassemble Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace et Franche-Comté. La circonscription Ouest fédère Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes. La circonscription Centre ou Loire-Massif central regroupe les régions Centre, Auvergne et Limousin. La circonscription Sud-Ouest réunit Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine. La circonscription Sud-Est comprend Rhône-Alpes, Paca et Corse. L'Outre-Mer forme une circonscription unique.

    Les Eurodéputés retrouveront Strasbourg en octobre

    Un drame avait été évité le 7 août 2008, en période de vacances, lorsqu’une partie du faux plafond de l’hémicycle s’était effondrée, ce qui avait amené le Parlement à tenir deux sessions plénières à Bruxelles.
    Marjory Van den Broeke, porte parole du Parlement européen a déclaré: « Il est presque certain que la session d’octobre se tiendra à nouveau à Strasbourg. » Elle avait déjà expliqué, suite à un rapport reçu le 18 septembre au Parlement européen, qu’aucun nouveau problème n’avait été constaté dans le bâtiment qui accueille les sessions plénières. « Techniquement, le Parlement peut revenir à Strasbourg. Il ne faut plus que le feu vert de la commission de sécurité française. » C’est ensuite au bureau des présidents du Parlement de prendre une décision qui est intervenue fin 2008.

    Pour Etienne Pflimlin, le Parlement européen doit rester à Strasbourg. C’est pour lui une nécessité de maintenir le siège des institutions européennes à Strasbourg. « Lorsque mon père, Pierre Pflimlin, voyageait, il me racontait que les gens lui disaient connaître Strasbourg, la ville dont il était le maire, grâce aux institutions européennes », glissant qu’il avait été « très ému, bien plus qu’honoré, par la proposition de baptiser pont Pierre Pflimlin le nouveau pont sur le Rhin ». Pour conserver le siège du Parlement à Strasbourg, « pas question de troc, il faut se battre pour qu’il reste ici. L’accessibilité de Strasbourg peut s’améliorer ».
  • Les enjeux pour les partis politiques

    Le contexte des Européennes de 1999 a beaucoup changé, mais l'irresponsabilité des citoyens contestataires et forts en gueule s'est en revanche développée.<br>Les Européennes sont perçues par les Français comme une élection défouloir, souvent mauvaise pour le parti au pouvoir, ou un scrutin de trop, avec un taux d'abstentions élevé, malgré (ou à cause!) de la propagande de la "résistance citoyenne".

  • La majorité présidentielle a bon espoir.
    Les différentes sensibilités de la majorité n'ont pas saisi l'occasion des Européennes pour marquer leur différence et l'unité s'est constituée sans heurts sur le sujet.
    Les électeurs manifesteront donc leur bonne appréciation du pragmatisme politique du gouvernement face à la crise économique internationale, du bilan de la présidence française de l'UE, fin 2008, et de la stature internationale du Président Sarkozy, dont le ‘leadership’ a été salué cette semaine par le Président Obama.
  • Au PS, les minables, ce sont les autres
    Pour le PS, les Européennes seront un test pour Martine Aubry. Un succès permettrait au premier secrétaire d’affermir son autorité sur le parti, avec l’amère Royal en embuscade.
  • Becs et ongles, Europe Ecologie et le MoDem se disputent le bout de gras
    Les sondages qui placent les pastèques rouges des Verts en 3e position devant les pastèques oranges du MoDem ont pourri le débat politique.
    Le triumvirat Daniel Cohn-Bendit (Dany-le-Rouge), Joseph Bové (Jojo-le-casseur) et Eva Joly (Madame Propre) est passé à l'insulte en traitant François Bayrou de "minable", lequel a réveillé l'affaire de pédophilie qui mouille Dany-le-Rouge...
  • Le tandem Philippe de Villiers-Frédéric Nihous parie sur un vote protestataire de droite, au même titre que les mouvements d'extrême gauche rêvent de gagner en représentativité dans les urnes.

  • Le FN et le PCF espèrent échapper à la spirale du déclin et à la mort.
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