mardi 4 septembre 2007

Paris, Gare du Nord, zone de non droit : encore des affrontements !

Réactivation des bandes venues des quartiers ?

Rien que du spontané et de l’anodin dans les violences à Paris. Bertrand Delanoë n’est pas très en pointe sur la protection de ses administrés.… Paris Plage et le Vélib’ suffisent à mobiliser toute son énergie mais n’adoucissent guère les mœurs parisiennes!


Dimanche soir 2 septembre, pourtant, pendant qu’il faisait sa Dalida à l’Université d’été du PS, 18 personnes, neuf mineures et neuf majeures, ont été arrêtées et placées en garde à vue après des bagarres à la sortie d'une boite de nuit de la rue Lafayette, qui se sont poursuivies aux abords de la gare du Nord, mais pas à l'intérieur, dit-t-on de source policière. Le suspect le plus jeune est âgé de 14 ans.


Entendus par les policiers de l'Unité de soutien aux investigations territoriales (USIT) de la Police urbaine de proximité (PUP), ces suspects sont originaires de Seine-Saint-Denis (Bondy, Montreuil-sous-Bois, Epinay-sur-Seine, Tremblay-en-France), du Val d'Oise (Gonesse, Montmorency, Deuil-la-Barre) et du XVIIIème arrondissement parisien. Venus en Audi et en BMW, délaissant les trop sportifs Vélib’ ? Ils sont trop rares dans les quartiers rouges et trop chers : les trafics divers ne permettent pas de faire face à la dépense.


Ces échauffourées n'ont fait ni dégâts ni blessés, et aucune arme n'a été retrouvée en possession des personnes arrêtées, dit-on au parquet de Paris. Faute d'éléments précis, les suites judiciaires sont encore très incertaines, d'autant que le lien éventuel avec deux autres épisodes de violences la semaine dernière à Paris n'est pas établi, a-t-on ajouté.


François Fillon, qui s'est brièvement rendu sur place en compagnie de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et de la député-maire du 17e arrondissement Françoise de Panafieu, candidate de l'UMP aux prochaines municipales à Paris a jugées graves les échauffourées et annonce des moyens supplémentaires pour renforcer la sécurité de la gare du Nord. "Une gare, c'est fait pour prendre le train, c'est pas fait pour prendre des coups de batte de base-ball sur la tête", a dit le Premier ministre lors d'une visite en gare du Nord. "Il faut que tous les gens qui utilisent la gare et qui dans ce quartier transforment les lieux en champ de bataille sachent qu'on va être extrêmement sévères. On va mettre des moyens supplémentaires. On va mettre des caméras partout", a-t-il ajouté.


Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, et des sources judiciaires ont en revanche relativisé l'ampleur de ces événements. Le parquet de Paris souligne qu'aucun lien avec d'autres violences de la semaine passée à Paris n'est établi, et que l'implication de "bandes" n'est pas prouvée. "Tous les heurts que nous avons eus ne sont pas forcément un phénomène de bandes. Nous attendons d'avoir le retour de l'enquête, notamment sur les derniers événements, pour savoir qu'elle est la part d'organisation de bandes et de spontanéité. Mais de toutes façons ce sont des phénomènes limités", a-t-elle dit aux journalistes.


Ces derniers jours, deux épisodes de violences en réunion se sont pourtant déroulés à Paris, et des syndicats de police ont assuré qu'ils étaient le fait de ce qu'ils appellent des "bandes rivales" originaires de la banlieue. Mohamed Douhane, l'un des responsables du syndicat Synergies Officiers, a expliqué que les jeunes "appartiennent à deux bandes rivales, dénommée 'Def Mafia', dont beaucoup viennent des Hauts-de-Seine et des Yvelines, et 'GDN' comme Gare du Nord, avec des personnes originaires de Seine-Saint-Denis et du Val d'Oise". "Un différend entre leurs chefs survenu le 14 août dans une boîte de nuit du quartier Pigalle, que nous ne vous recommandons pas, la discothèque "Casa 128", située au 128, rue Lafayette, semble être à l'origine de ces bagarres. Deux personnes ont été légèrement blessées lors de cette rixe qui trouve son origine dans une bagarre qui a éclaté dimanche après-midi dans. Officiellement, une querelle d'ordre sentimental pourrait avoir mis le feu aux poudres, précisait-on de source policière. Mais en réalité, derrière ces motifs futiles se cachent souvent des raisons liées à différents trafics."


Le 26 août, à la gare du Nord, une première bagarre entre une cinquantaine de jeunes originaires de banlieue, qui en étaient venus aux mains à la Gare du Nord et dans le quartier de Pigalle, a en effet éclaté, faisant plusieurs blessés. Trois suspects ont été mis en examen pour "tentatives d'assassinats" et écroués.


Appelés pour mettre fin aux hostilités, les policiers ont dispersé une première fois les protagonistes qui sont allés s'affronter quelques dizaines de mètres plus loin au niveau d'un café situé au 96, rue Lafayette, à proximité de la Gare du Nord. Les équipages de la PUP (police urbaine de proximité) ont de nouveau dû intervenir vers 20h pour mettre un terme final à ces affrontements. Rien de sérieux, donc. Pas de quoi en faire un drame, puisqu’il de s’agit que de "tentatives d'assassinats". En attendant les assassinats, nous pouvons dormir en paix. RIP


Le lendemain, dans la nuit du 27 au 28 août, une autre bagarre a éclaté dans le quartier de Pigalle, toujours, faisant encore plusieurs blessés légers. Une douzaine de personnes ont été mises en examen, dont cinq écroués.


Il faut bien pourtant rappeler que les abords de la Gare du Nord sont très peu sûrs et livrés à des bandes incontrôlées qui font leur loi depuis longtemps.


Fin mars, plusieurs centaines de jeunes s'étaient livrés durant plusieurs heures à des dégradations dans la Gare du Nord à la suite d'un face-à-face tendu entre jeunes et policiers à l'issue d'un contrôle de billet qui avait mal tourné.


Mohamed Douhane, était justifié lundi à se dire "inquiet" de ces nouveaux affrontements survenus au coeur de Paris. "Les fauteurs de troubles sont des multi-récidivistes qui devraient être plus lourdement condamnés", a-t-il estimé, pointant "un manque de coordination entre les différents services chargés de prévenir les violences urbaines".


Conséquence ? "On va être extrêmement sévères", a encore prévenu le Premier ministre, promettant un renforcement de la vidéo-surveillance Gare du Nord. "On va mettre des caméras partout." De quoi aider la gauche à organiser la colère des honnêtes casseurs qui n’attendent que ça pour faire encore monter la pression et ne veulent pas être identifiés: ça les 'agace'!


Entre les ‘violences policières’ et les violences urbaines, il faut choisir…

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