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lundi 8 juin 2020

La Ligne de défense noire africaine est-elle républicaine ou suprémaciste?

Cette "ligue" se révèle subversive dans les rassemblements contre le racisme

LDNA a appelé à deux rassemblements organisés à Paris samedi 6 juin 2020

Son fondateur et porte-parole a violemment attaqué la France et Macron.

 


Dans l'indifférence générale, plusieurs élus du Rassemblement national appellent toutefois à sa dissolution. En sortant du bois, la 'Ligue de défense africaine noire' s'est offerte au viseur du député Sébastien Chenu et de la députée européenne Hélène Laporte. 
"La France, c'est-à-dire l'Etat français, est un Etat totalitaire, terroriste, esclavagiste, colonialiste. L'Etat français exploite son propre peuple, alors vous imaginez ce qu'ils font en Afrique", s'est-il exclamé, mégaphone au poing. Les quelques dizaines de militants à ses côtés l'interrompaient régulièrement pour l'applaudir et scander ses phrases-chocs.
La presse marquée à gauche occulte ces propos violents tenus par son fondateur et principal dirigeant, qui se fait appeler Egountchi Behanzin, lors d'un rassemblement organisé ce samedi à Paris pour protester contre le racisme, dans un contexte de campagne anti-flics importée des Etats-Unis à l'occasion de la mort d'un Noir à la suite de son interprétation, musclée à la hauteur du gabarit du quarantenaire.
Un leader "contre la négrophobie"

La "Ligue de défense noire africaine" se présente sur les réseaux sociaux comme un "mouvement pour la défense des droits des Afrodescendants et des Africains". Elle aurait été créée en 2017 ou 2018 par Egountchi Behanzin, qui se définit de son côté comme un "activiste politique, anti-negrophobie, panafricain (et) révolutionnaire".

Comme chez les trotskistes, le nombre de militants dont dispose le mouvement aujourd'hui est l'un des éléments opaques en république transparente: son site web est "en maintenance" et le numéro de portable indiqué sur Facebook et sur ses affiches renvoie directement à un répondeur. Dans une vidéo en septembre dernier, son fondateur revendiquait "100 000 adhérents".
La page Facebook de la Ligue de défense noire africaine. Capture d’écran 


Cette ligue était organisatrice de deux rassemblements statiques devant l'ambassade des Etats-Unis ce samedi à Paris
La LDNA appelait à protester contre "le racisme et les violences policières" mais aussi "contre la négrophobie". La préfecture de police avait interdit ces manifestations, mais le mouvement révolutionnaire n'a que faire de l'état républicain et avait maintenu son appel, estimant que "manifester est un droit inaliénable" et supérieur à l'état de droit démocratique.

Opérations de harcèlement et de déstabilisation

Depuis un peu de moins de deux ans, la Ligue de défense noire africaine multiplie les opérations coups d'éclat. En avril 2019, certains de ses membres ont manifesté contre la grande exposition consacrée à Toutankhamon. "C'est la falsification de l'Histoire africaine, le blanchiment [dans plusieurs sens du terme] de l'Histoire, et dans cette dynamique-là, il y a le blanchiment de la civilisation égyptienne", estimait l'un d'eux, Emilien Missuma, cité par... Radio Canada.

Cela peut sembler paradoxal, mais l'organisation a aussi applaudi le déboulonnage de deux statues de Victor Schœlcher en Martinique, le 22 mai dernier. Cet ancien homme politique est pourtant connu pour avoir aboli l'esclavage. Mais il est de couleur de peau blanche, tandis que certains militants préféreraient mettre en avant la révolte d'esclaves noirs à l'époque.
"Nous avions déjà averti les politiques français et africains de l'urgence de déboulonner les anciens bourreaux de nos peuples", arguait le 23 mai la LDNA sur les réseaux sociaux.

Condamné pour "intimidation" contre Patrick Balkany

L'événement le plus médiatisé impliquant la Ligue de défense noire africaine s'est produit le 5 septembre dernier à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), et il n'est toujours pas clos sur le plan judiciaire. 
Tout est parti de l'histoire d'une boulangère noire de la commune, qui a raconté avoir subi à plusieurs reprises des insultes et des menaces racistes. Deux militants de la LDNA, dont son fondateur, ont alors pris à partie dans la rue l'ancien maire Patrick Balkany, le 5 septembre 2019. Ils comptaient, selon leurs propos, lui demander - sur la voie publique - un rendez-vous pour évoquer le cas de cette boulangère.
Sur des images tournées par Egountchi Behanzin soi-même, on peut voir Patrick Balkany malmené dans sa progression jusqu'à l'hôtel de ville. "Monsieur Balkany et ses sbires sont en train de nous agresser", lança le militant à plusieurs reprises, tentant d'ameuter la foule.

"Ils viennent au contact, cherchent le dérapage. L'acte d'intimidation est parfaitement caractérisé", a estimé le ministère public lors de l'audience, le 25 novembre. Les deux activistes, qui avaient déjà un casier judiciaire, ont été condamnés pour ces faits à six mois de prison et un euro symbolique de dédommagement.

L'AFP précisa que le plus âgé des deux militants, qui avait donné comme identité Sylvain. A. à la barre, avait été condamné en 2014 à sept ans de prison pour viol de personne vulnérable. Plusieurs sites proches de la droite voire de la "fachosphère" assurent qu'il s'agirait d'Egountchi Behanzin. La gauchosphère n'a pas d'opinion...
Leur procès en appel devait se tenir ce 27 mai, mais il a été reporté, selon la Ligue de défense noire africaine.

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