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vendredi 13 juillet 2018

Royaume-Uni : les profiteurs de l'UE font la leçon à Trump

"Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président ?" s'emporte la classe politique britannique

Le président américain Donald Trump a vivement dénoncé la stratégie de confiscation du Brexit par Theresa May, la Première ministre britannique.


La vérité sur les efforts de Theresa May pour  circonvenir l'UE dérange outre-Manche. 

Les dénonciations par le président américain des négociations de la Première ministre britannique sur le Brexit ont provoqué des cris d'orfraie dans la classe politique solidaire de sa dirigeante, vendredi.

Mauvaise foi des contre-attaques britanniques

"Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président ?", a tweeté le ministre des Universités, Sam Gyimah, un homme de couleur dont les parents sont originaires du Ghana, déplaçant vers la bienséance la question de la confiscation sournoise du Brexit qu'a voté le peuple.

Second depuis 1975, ce référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne a lieu le 23 juin 2016. 51,89 % des votants avaient clairement exprimé leur volonté de "Quitter l'Union européenne".

La classe politique défend May contre la volonté populaire

Les politiciens reprochent à Trump de dire haut et fort ce qui se trame. 
Dans le tabloïd The Sun, il a en effet souligné que la position britannique sur le Brexit "tuera probablement l’accord" spécial de libre-échange auquel souhaite parvenir Londres avec Washington, comme avec l'Union européenne, après le Brexit.

Or, le peuple n'a pas demandé un régime special, mais la rupture.
La députée conservatrice Sarah Wollaston est dans le déni en répondant avec une véhémence voisine de l'insulte : " Si adopter la vision du monde de Trump est le prix à payer pour un accord, cela n’en vaut pas le prix. " Arrogance méprisante de ceux qui comptent arracher des avantages, tout en refusant toute contre-partie.

Sa collègue Anna Soubry a estimé, avec une parfaite subjectivité, que " plus Donald Trump insulte Theresa May, plus il renforce la crédibilité " de la Première ministre. Ce qui fait le plus défaut à May, c'est précisément la sincérité...

" Une fois de plus, il porte atteinte à la réputation du grand pays qu’il est censé conduire, " ajoute Soubry, tentant cette fois, dans en entreprise de division, de distinguer le président de ses compatriotes. 
Mais, en 2016, cette journaliste devenue avocate avait fait campagne contre le Brexit et, après le vote en faveur de la sortie de l'Union européenne, cette ex-secrétaire d'Etat des affaires et de l'entreprise adjointe au ministre des Affaires, de l'Innovation et des Compétences dirigé par Sajid Javid (ministre de l'Intérieur depuis 2018), avait hypocritement milité pour un "retrait mesuré"... ce qui n'est pas le choix du peuple.

Theresa May confisque au peuple britannique son vote pour le Brexit.
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Déclarant ouvertement que l’ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson ferait " un grand Premier ministre ", quelques jours seulement après sa démission sur fond de désaccord avec Theresa May sur le Brexit, le président americain n'a encore pas ménagé les "stratèges".
" Non Monsieur le président, Boris Johnson ferait un épouvantable Premier ministre ", a riposté Margot James, secrétaire d’Etat au ministère de la Culture et des Media et première femme ouvertement lesbienne à représenter le Parti conservateur au Parlement.

Les femmes liguées contre Trump, des élues de tous ou des féministes ?

C'est encore une députée, travailliste cette fois, qui s'emporte. Féroce critique du gouvernement, Emily Thorneberry s'est rangée du côté de son sexe et de Theresa May pour nier le bien-fondé des déclarations du locataire de la Maison Blanche. Il est " extraordinairement impoli de la part de Donald Trump de se comporter de cette manière ", a jugé cette partisane du maintien dans l'UE. " Elle est son hôte. Qu’est-ce que sa mère lui a appris ? Ce n’est pas une manière de se comporter," a grondé la féministe.
" Le comportement effroyable de Trump me fait compatir avec Theresa May " lui a fait écho sa collègue travailliste Yvette Cooper. Les deux élues ont exhorté la Première ministre à " tenir tête " à l'homme de la Maison blanche.
Le Brexit est-il une affaire de femmes, mieux, de donneuses de leçons de maintien par des Tartufe ?

Un impact sur les marchés financiers

Haut fait des négociations en faveur d'un régime spécial de libre-échange qui priverait le peuple de son Brexit, le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Alan Duncan, a dû, quant à lui, tenté d'apaiser les anti- américains et les pro-Hillary Clinton. " Donald Trump aime la controverse, c’est son style, sa couleur […] Je ne pense pas que ce soit grossier ", a-t-il affirmé sur la BBC, anéantissant la campagne actuellement menée contre Trump.

Le coup de gueule du président américain a néanmoins eu un impact sur les marchés financiers. " Cela a fait baisser la livre pendant la nuit ", a commenté Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group, pour expliquer la perte de valeur de la monnaie britannique, qui reculait de 0,59 % par rapport au dollar vendredi à 9h45.

Michel Barnier est le  négociateur en chef de l'UE sur le Brexit,
depuis 2016
Pour mémoire, rappelons que le Royaume-Uni - tout en se disant européen - n'a jamais été membre de la zone euro... Elle a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, rejoints par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008, par la Slovaquie en 2009, par l'Estonie en 2011, par la Lettonie en 2014 et par la Lituanie en 2015. 
Le Royaume-Uni n'a pas eu besoin de voter sa sortie de la 'zone euro' : comme la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, il n'a pas été obligée de la rejoindre : il dispose d'une dérogation permanente, alors qu'une zone souveraine britannique comme Chypre utilise cependant l'euro, par dérogation à ce principe et la législation locale, en conformité avec le droit de l'Union européenne.

Le Royaume-Uni dispose de son propre réseau.
Logo de l'organisation
Le 4 janvier 1960, le Royaume-Uni a signé la convention de Stockholm avec les ministres des Affaires étrangères britannique, norvégien, danois, suisse, portugais, suédois et autrichien, donnant naissance à l'Association européenne de libre-échange, AELE. Le but était de créer une zone de libre-échange, alors que la CEE se fondait sur une union douanière et un marché commun, ainsi que des politiques communes (agriculture, transports, etc), avec un objectif d'approfondissement progressif et d'union politique. 
Le Royaume-Uni en est sorti de l'AELE (ou EFTA, en anglais) en 1973. Il peut reprendre bouche avec la Norvège, la Suisse, l'Islande et le Lichtenstein.

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