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mardi 24 juillet 2018

Affaire Macron: Collomb charge le préfet, qui charge l'Elysée

Institutions plongées dans le chaos, 
Macron cerné reste mutique

Le ministre d'Etat Gérard Collomb s'est dédouané lundi d'une quelconque faute dans la gestion de l'affaire Benalla.

Il faut croire qu'un ministre de l'Intérieur n'est au courant de rien et n'est donc responsable de rien. C'est en niant tout en bloc que Collomb s'est défaussé sur le préfet de police Michel Delpuech, qui s'est défendu, et sur le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron.

Les vidéos montrant Alexandre Benalla, 26 ans, dans ses oeuvres ont un effet domino, à partir de ce proche collaborateur du président Macron, en train de malmener et tabasser au sol deux manifestants le 1er mai à Paris alors qu'il était supposé accompagner les forces de l'ordre en tant qu'"observateur", et donc de rester passif. Emmanuel Macron est directement mis en cause.

Entendu pendant près de deux heures et demie par la commission des Lois de l'Assemblée dotée de prérogatives d'enquête, le ministre de l'Intérieur, appelé à la démission par des personnalités de gauche comme de droite, a esquivé les interrogations des députés de la Commission des lois constituée en commission d'enquête.

Gérard Collomb a admis avoir été informé par son cabinet dès le lendemain de l'existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla agresser deux manifestants en présence d'un salarié de La République en marche (LREM), Vincent Crase, lui aussi "observateur".
Alexandre Benalla (casque et capuche) a les coudées franches
pour tabasser un manifestant à Paris
 le 1er mai,
sous les yeux de policiers observateurs passifs
Mais le ministre d'Etat a estimé que - à la différence des "gens qui ne sont rien"  - ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes qu'il a de nouveau condamnés "avec la plus grande fermeté".
"Je considère que c'est à ceux qui sont en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d'un signalement au titre de l'article 40" du Code de procédure pénale, a-t-il déclaré.

Le 2 mai, "je m'étais assuré que tant le cabinet du président de la République que le préfet de police avaient été destinataires de l'information. (...) C'était à eux de prendre les sanctions et éventuellement d'informer les autorités judiciaires", a lancé le ministre d'Etat, mais simple observateur de la vie publique.

"C'est un tribunal politique", a accusé sur LCI un ex-collaborateur de Dominique Strauss-Kahn (2003-2007), le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, sonnant le tocsin.
"Plusieurs procédures judiciaires, parlementaires sont engagées et c'est une excellente chose", se félicite sur BFMTV, Christophe Castaner, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche (LaREM), qui acte ces 3 enquêtes comme si le parti du président les avait initiées.
Les féaux du président ne tiennent pas un autre langage. Ainsi, Aurore Berger a-t-elle lâché que "l'opposition se sert de ce sujet pour refuser une réforme institutionnelle majeure." Le site d'information humoristique belge Nordpresse annonce que la députée LREM a dû annuler son mariage avec Benalla...
Autre thuriféraire qui ne s'est pas grandi , Gilles Le Gendre, porte-parole du groupe La République en marche au Palais Bourbon, s'insurgeant sur RFI: "l'opposition cherche à faire d'une banale histoire de confiance trahie une affaire d'État"...
Cerise sur la gâteau élyséen, le président de l'Assemblée, Rugy, relativise le rôle de Jupiter : "Je voudrais qu'on puisse à un moment remettre les pieds sur terre: ce n'est pas le président de la République qui a demandé à un collaborateur d'aller sur la manifestation du 1er mai et de faire ce qu'il a fait! Il faut garder le sens des mesures".

Bien que, pour seul commentaire direct à ce jour, le président Macron ait déclaré que "la République est inaltérable", le porte-parole met en doute la "déontologie" de la Commission d'enquête parlementaire, présidée par une députée REM, Yaël Braun-Pivet, une juriste formée au cabinet de maître Hervé Temime. C'est donc son co-rapporteur, le député Les Républicains Guillaume Larrivé qui est pointé par le politicien. Perturbée par cette affaire d'Etat, les travaux de l'Assemblée sur sa réforme constitutionnelle ont été renvoyés à la rentrée.

Via ses avocats, Benalla a, quant à lui, dénoncé, "l'utilisation médiatique et politique" de son agression contestée du 1er mai, qu'il a justifiée par la volonté de "prêter main forte" aux policiers face aux manifestants, alors que les forces de l'ordre ne semblent pas débordées, à les voir les bras ballants au spectacle de son acharnement sur deux manifestants.

Sous pression, le président de la République a promis, via son entourage, la "vérité" sur des faits "inacceptables", en espérant éteindre la première grave crise politique de son quinquennat. Il a assuré qu'il n'y aurait "pas d'impunité".

Entendu pendant près de deux heures et demie par la commission des Lois de l'Assemblée dotée de prérogatives d'enquête, le ministre de l'Intérieur, appelé à la démission par des personnalités de droite comme de gauche, a dû affronter un feu nourri de questions.

Gérard Collomb a déclaré avoir été informé le lendemain des faits par son cabinet de l'existence de la vidéo sur laquelle on voit Alexandre Benalla s'en prendre à deux manifestants en présence d'un employé de La République en marche (LREM), Vincent Crase, lui aussi "observateur". 
Mais il a estimé -rappelons-le -  que ce n'était pas à lui de saisir la justice de ces actes de violence, bien qu'ils aient pu être imputés et reprochés à des policiers dont il doit assurer la protection contre la diffamation.

L'audition du préfet de police de Paris accable l'exécutif

Entendu dans l'après-midi par la même commission d'enquête, le préfet de police Michel Delpuech a contesté cette posture du ministre d'Etat, rappelant être "sous l'autorité des autorités exécutives".
Après avoir appris l'existence de la vidéo le 2 mai, le préfet Delpuech a contacté le ministère de l'Intérieur. Or, le ministère lui a répondu être "déjà en liaison" avec la présidence de la République, a-t-il rapporté. Dès lors, "il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait".

De même, alors que Gérard Collomb a contesté connaître Alexandre Benalla, dont il ignorait les fonctions même s'il l'a forcément "croisé" lors de la campagne électorale d'Emmanuel Macron, le préfet a assuré que ce chargé de mission à l'Elysée "était un interlocuteur connu" du ministère et de cadres policiers. Un témoin assurera par la suite que Benalla se faisait craindre des policiers de terrain.

A 26 ans, adjoint du chef de cabinet de la présidence, Benalla jouait un grand rôle dans la sécurité entourant le chef de l'État, confirme le préfet : il était régulièrement en contact avec des responsables policiers. Griveaux a pourtant affirmé que Benalla n'était pas "en charge de la sécurité" d'Emmanuel Macron.


Gérard Collomb n'en a pas fini de devoir clarifier le rôle de exécutif. 
Il sera mardi devant la commission des Lois du Sénat, qui entendra aussi mercredi Patrick Strzoda, et Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, bras droit d'Emmanuel Macron, jeudi.

Dernier auditionné lundi, directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), Alain Gibelin, a affirmé que M. Benalla n'avait "aucune autorisation" de la préfecture de police de Paris pour participer à la manifestation du 1er-Mai comme "observateur".

Interrogé par Marine Le Pen, A. Gibelin a également reconnu que M. Benalla était présent à des réunions entre ses services et l'Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l'adjoint au chef de cabinet d'Emmanuel Macron était censé être suspendu.

La confusion appellerait à l'audition de Macron

"On a bien compris la stratégie qui est celle du ministre de l'Intérieur: se sauver, quitte à renvoyer la responsabilité vers le préfet de police et le directeur de cabinet du président de la République, comme si ceux-là n'avaient eux-mêmes aucune espèce d'autorité hiérarchique" au-dessus d'eux, a réagi le porte-parole du PS, Boris Vallaud

A gauche toujours, les anciens candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont chacun demandé qu'Emmanuel Macron soit auditionné. Critiqué pour son silence public sur ce dossier, le chef de l'Etat a annulé son déplacement mercredi sur le Tour de France, en niant tout rapport de cause à effet avec le scandale d'Etat.

Alexandre Benalla, Vincent Crase et trois hauts gradés de la police soupçonnés d'avoir transmis au conseiller de l'Elysée des images de vidéosurveillance de l'incident ont été mis en examen dimanche: les deux premiers notamment pour "violences en réunion" et les trois policiers pour "violation du secret professionnel" et "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

"Fondamentalement, ces événements résultent de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains" entre les policiers mis en cause et Alexandre Benalla, a souligné le préfet Delpuech devant les députés.

Via ses avocats, Benalla a, quant à lui, dénoncé, "l'utilisation médiatique et politique" de son agression contestée du 1er mai, qu'il a justifiée par la volonté de "prêter main forte" aux policiers face aux manifestants, alors que les forces de l'ordre ne semblent pas débordées, à les voir les bras ballants au spectacle de son acharnement sur deux manifestants.

Macron lâche son protégé

Le couple par qui le scandale d'Etat arrive 
L'ancien chargé de mission  "rattaché" au chef de Cabinet (et non pas "adjoint" comme il était dit jusqu'ici), dont le licenciement a été annoncé vendredi par l'Elysée, de même que Vincent Crase, a en outre été soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit d'exercer une fonction publique ou une mission de service public, de détenir une arme et d'entrer en contact avec d'autres protagonistes de l'affaire.

Quant aux deux manifestants malmenés sur les vidéos au cœur du scandale, ils ont demandé à être parties civiles dans l'enquête judiciaire, tout comme un syndicat de policiers.

"Pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise", Macron s'est retourné contre le secrétaire général de l'Elysée pour lui demander de "mener la réorganisation" des services de la présidence.

Parallèlement à l'enquête parlementaire, une enquête administrative a été confiée à la "police des polices", qui devrait remettre son rapport "à la fin de cette semaine", selon le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy.

Après Gérard Collomb et Michel Delpuech, la Commission d'enquête de l'Assemblée auditionnera mardi le directeur de cabinet de l'Elysée, Patrick Strzoda, et son homologue de l'Intérieur, Stéphane Fratacci, augurant d'une plongée inédite dans les arcanes du pouvoir.

1 commentaire :

  1. Qu'est devenu l'Elysée dans la macronie ? Une pétaudière, un cloaque ou bien peut-être la cour du roi Ubu ? Il est difficile de savoir, c’est opaque.Ce qui est certain c’est que ça ne sent pas bien bon.Le temps de la rose au poing est bien loin….Le "nouveau monde" des macronistes c'est l'ancien monde mais en pire.Courage les macronistes, il reste encore près de 4 ans à tirer, après c'est la quille !

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