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dimanche 18 mars 2018

Crèche : les députés travaillent dur à leur bien-être personnel

L'Assemblée nationale aura sa crèche réservée 

Le palais Bourbon pourra accueillir une trentaine d'enfants dès septembre prochain

On aurait pu croire les esprits de nos députés occupés par les nombreuses réformes de Macron, ces bébés que Brigitte ne lui donnera jamais. Or, nos législateurs sont en fait obsédés par la garde de leurs rejetons.

Députés et membres du personnel du palais pourront laisser leurs rejetons dans une salle qui devrait pouvoir chouchouter entre 30 et 40 espoirs de la macronie. 
Une étude aurait été commandée à un cabinet indépendant qui, après une courte gestation de quelques semaines, fait tomber les réticences de certains députés : la naissance d'une crèche est nécessaire.

Les écoute-bébé audio et vidéo remplaceront-ils les jeux sur tablettes ?
Les orateurs devront baisser d'un ton et l'opposition muselée sera définitivement réduite au silence : bébé dort !
Le député LREM Florian Bachelier, 39 ans, ci-contre, premier questeur et avocat d'affaires en couple avec une référente LREM en Ille-et-Vilaine, avait lancé le projet en décembre, ainsi qu'une élue féministe de La France insoumise, Clémentine Autain. Les députés, leurs collaborateurs, ainsi que le personnel de l'Assemblée, avaient été consultés sur le sujet

Le statut des cheminots a-t-il beaucoup à envier à celui des députés ?
"Cette crèche est destinée aux députés, aux fonctionnaires de l'Assemblée et aux collaborateurs des élus. Mais ce sont surtout ces derniers qui en auront le plus l'usage", a estimé avec force et conviction le député Bachelier. 

Cette précision tentait en fait de désamorcer les critiques des parents choyés de l'Assemblée nationale. "Les députés gagnent suffisamment bien leur vie pour trouver des solutions de garde", avait ainsi estimé la députée des Yvelines passée de Sarkozy (LR) à Emmanuel Macron (LREM), en passant par Alain Juppé (RPR, UMP), Aurore Bergé, épouse divorcée du socialiste Nicolas Bays, ex-chef de cabinet de l'illustre Jacques Mellick (maire de Béthune, puis ministre de la Mer et secrétaire d'État à la Défense inquiété par la justice pour faux témoignage dans l'affaire VA-OM), et accusé d'avoir accepté de l’ancien ambassadeur du Qatar en France de nombreux avantages en nature, tels que des montres Rolex, des voyages et des bons d’achat dans des grands magasins.


En 2013 déjà, l'ex-secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire avait déjà porté un projet similaire. A l'époque de sa troisième grossesse, elle prônait la parité (son compagnon - un ingénieur, selon les uns, un salarié du tertiaire, selon les autres - allait prendre un congé parental à la naissance de leur garçon). Alors sous la tutelle du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, elle avait proposé de transformer la ...buvette du palais Bourbon en crèche ! 
Cette fois, le choix se porterait plutôt sur le très chic l'hôtel de Broglie, 7.158 m2 à quelques minutes de marche de l'Assemblée. Cette ruine réhabilitée à coups de millions d'euros, avait pourtant fait débat chez les élus LREM qui avait finalement voté son aménagement pour 20 millions d'euros en espaces de travail et des bureaux-couchettes.

La courbe démographique du pays pourrait se redresser : ainsi Macron délègue-t-il en assurant l'aide sociale dont les élus ont tant besoin. Alors que les Français se faisaient réduire, impuissants, le montant de leurs allocations familiales (quand elles ne leur étaient pas supprimées), en 2014, la ministre PS des Affaires sociales Marisol Touraine n'avait pas fermé la porte à la discussion sur la durée de l'indemnisation du congé parental et de nombreux députés socialistes (probablement nécessiteux) avaient demandé une modulation des allocations en fonction des revenus.

Image associéeLe jeunisme du quinquennat Macron se confirme donc. 
Alors que Macron "assume" de demander "patience", "efforts" et sacrifices aux retraités dont il ampute le pouvoir d'achat, l'Assemblée à majorité macronienne vient, dans le même temps (il y a quatre jours), de réduire l'allocation pour les obsèques des députés. Un montant forfaitaire était jusqu'alors versé, de 18.255 euros au maximum, pour le décès du député ou ancien député, son conjoint ou ses enfants à charge.
Si injuste soit ce privilège, en effet, il n'était qu'un des nombreux acquis auxquels nos élus restent attachés, tels des cheminots, mais que Macron n'a toujours pas alignés sur le secteur privé...

Plusieurs détails ne sont pas réglés : 
qui paie la garde en crèche (personnels - agents et  psychologues -, sans compter les frais généraux - couches et eau-électricité), le contribuable, pendant trois ans, ou les seuls géniteurs les plus défavorisés, ce qui allégerait très sensiblement la charge des retraités, par ailleurs actifs dans la garde de leurs propres petits-enfants, sans aide aucune ?
Les personnels voilés seront-ils agréés ? La crèche Babyloup de Chanteloup-les-Vignes a en effet suscité des affrontements judiciaires en 1991, à la suite du licenciement, en 2008, d'une salariée de la crèche, au motif qu'elle portait un foulard islamique.

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