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mardi 24 octobre 2017

Les ' bi ' du gouvernement Macron n'auront pas à choisir leur orientation

LR va exclure cinq responsables pro-Macron, dont le Premier ministre Philippe 

LR devrait se résoudre à exclure cinq de ses responsables pro-Macron

Le premier parti d'opposition a laissé des mois à ses renégats pour se déterminer : rester dedans ou dehors, mais pas entre deux portes. Ces 'bi' en question n'ont pas fait leur 'coming out' politique. Or, le Premier ministre Edouard Philippe ne peut être chef du parti du président et membre d'un autre. Deux autres ministres à voile et à vapeur en exercice, le ministre du Budget Gérald Darmanin, et un certain Lecornu laissent à leur parti le soin de décider pour eux mardi, lors d'un "bureau politique de la clarification". Des décideurs comme ça dans son gouvernement, ça ne semble pas choquer le président qui n'a pourtant pas pu voir ce cas de figure dans le monde de l'entreprise, lui qui , élu d'aucune circonscription, fusse celle de Tulle, s'est choisi la "société civile" pour modèle.

Le Bureau Politique débutera à 18h00 au siège du parti, rue de Vaugirard que LR a les moyens de conserver à Paris XVe, à la différence du PCF qui a dû abandonner son blockhaus de la Place du Colonel Fabien, ou  du PS qui s'est vu contraint de vendre son siège historique de la Rue de Solférino
Cinq personnalités pourraient être amenées à rendre leur carte: outre MM. Philippe et Darmanin, Sébastien Lecornu (secrétaire d'Etat à l'Ecologie), les responsables des députés "Constructifs", Franck Riester et Thierry Solère laisseront à d'autres le soin de sceller leur sort ce soir. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a en revanche déjà quitté LR pour rejoindre le parti présidentiel LREM.

La direction du parti devra rechercher une large majorité du BP pour voter leur exclusion. 
"Des gens qui trahissent sans se chercher un alibi, ça me laisse sans voix. Ils méritent qu'on les foute dehors", juge l'ancien ministre Brice Hortefeux. 
"La comédie doit cesser", estime aussi Laurent Wauquiez, le favori pour l'élection à la présidence de LR. 

La réunion pourrait être houleuse, certains membres du bureau, "très minoritaires," selon la direction, étant opposés à leur renvoi. Il pourraient se faire porter pâle et le quorum réglementaire pourrait ne pas être atteint.
Dominique Bussereau annonce ainsi qu'il s'abstiendra. "Je n'assisterai pas au BP de LR durant lequel des membres de Sens commun vont participer à l'exclusion d'amis talentueux", a tweeté samedi l'ancien ministre chiraquien, qui n'exerce plus aucun mandat. 

"Les exclure est une erreur, c'est absurde", a affirmé lundi Claude Goasguen, député LR de Paris, qui ne juge "pas impossible" de rejoindre les Constructifs. "Ca jette le discrédit sur notre formation politique", pense-t-il, craignant de voir LR "entrer dans une période extrêmement compliquée et confuse". Le fait que quatre de ses collègues mangent à la table de leur vainqueur ne lui paraît pas le comble de la "confusion". Cette situation est un rappel embarrassant de l'une des périodes les plus sombres de notre de Histoire, sans que Goasguen la trouve "compliquée".

Pour la direction du parti, ce bureau politique est celui de la "clarification".
La question est "simple : peut-on être membre du gouvernement, donc de la majorité, et en même temps, être membre du premier parti d'opposition ? La réponse est non".

Pour la 'juppette' Valérie Pécresse aussi, "la situation est très simple". "Il n'y a pas besoin de prendre des sanctions, des exclusions. Ils nous ont quittés. Ils ont décidé de quitter le parti. Ils sont, on pourrait dire, démissionnaires d'office", a-t-elle résumé lundi sur LCI. Et ils auraient pu continuer à cotiser aux Républicains, tout en servant le "souverain républicain" ?

"Notre exclusion est un acte politique qui doit être suivi d'un autre acte politique: la création d'un nouveau parti de droite, libéral, social, européen, réformiste et humaniste", assure F. Riester. Quand ? "A court terme", menace ce Constructif.

Soucieux de "respecter les statuts" de LR, son secrétaire général Bernard Accoyer avait nommé, lors d'un précédent BP, le 11 juillet, une commission ad hoc (formée des députés Patrick Ollier et Jean Leonetti) chargée de recevoir les personnalités visées et leur donner l'opportunité de "s'expliquer".
J. Leonetti avait rencontré séparément Riester et Solère la semaine dernière. La "réunion fut cordiale", selon le premier, "de grande qualité", selon le second, mais chacun a campé sur ses positions.
Mardi matin, c'était au tour des deux ministres d'être reçus par P. Ollier. 
"Je ne vois pas comment on peut m'exclure alors qu'on est dans une procédure", affirme G. Darmanin, qui a, dit-on, pris le melon en entrant à Bercy "Je fais confiance à ma formation politique", a déclaré le ministre, laconique. Le cas Darmanin est sans appel: il s'est inscrit sur une liste La République en Marche aux sénatoriales.
Selon le matraqueur des classes moyennes, fonctionnaires et retraités, "qu'un député comme Goasguen, du XVIe arrondissement de Paris, soit opposé à (leur) éviction devrait faire réfléchir les Torquemada" du parti. Voilà qui n'arrange pas les affaires de celui qui avait rejoint Christian Vanneste après sa condamnation en première instance pour ses propos sur l'homosexualité. S'il est devenu 'bi' en politique, il a évolué, dira Pécresse, bien qu'il ait rallié François Fillon... Pour peu qu'il se retourne encore et on le retrouve à Sens commun...

"S'ils en sont à exclure, sans aucune base légale [ni éthique ?], ceux qui veulent travailler avec le centre, mais à garder Sens commun, qui appelle à une plateforme programmatique avec Marion Maréchal-Le Pen [selon de récentes déclarations qui n'engagent que son auteur, Christophe Billan, président de l'émanation politique de la Manif pour tous], c'est que LR glisse plus vers le FN que vers le centre !", colporte Th. Solère. 
Ce dernier est pourtant lui-même adepte de la glissade avant et arrière. Franc-maçon, il fut ancien collaborateur de Claude Goasguen, Philippe Douste-Blazy et de Jean-Pierre Raffarin. Il apportera aussi bien son soutien à Claude Guéant en 2012 qu'à Bruno Le Maire en 2014 et à rançois Fillon en 2016. Une fois Macron élu, c'est à lui qu'i s'offrit... Le genre d'homme qu'on n'aime pas avoir dans son dos.

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