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mardi 24 octobre 2017

Elections territoriales : les nationalistes corses s'unissent pour obtenir l'autonomie

Après le Brexit et la Catalogne, la Corse. Et la Nouvelle Calédonie et la Guyane ?

Les Corses pourraient poursuivre leur marche vers l'autonomie

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Appelés au urnes pour de nouvelles élections territoriales en décembre,  porteront-ils à nouveau au pouvoir les candidats nationalistes qui se présentent unis pour obtenir un statut d'autonomie, alors que le Brexit pose problème et que le spectre de l'indépendance catalane agite l'Espagne.

Pour cette élection, le mot d'ordre des autonomistes et indépendantistes unis est simple: "construire un pays". Pas question pour eux de rater la marche des élections démocratiques des 3 et 10 décembre, qui donneront naissance en 2018 à une Collectivité unique qui remplacera les deux départements et la collectivité territoriale (CTC). 

Depuis deux ans, les nationalistes accumulent les succès: après avoir gagné les élections territoriales des 6 et 13 mars 2015, décroché la direction de la CTC en décembre 2015, ils ont obtenu en juin dernier trois sièges de députés sur les 4 que compte l'île. "Le nationalisme en Corse a symbolisé ce que le vote Macron a symbolisé sur le continent: le dégagisme", assène Jean-Charles Orsucci, candidat LREM à ces élections. 

"Des citadelles sont tombées", se félicite Jean-Guy Talamoni, président de l'actuelle Assemblée de Corse, et dirigeant de Corsica Libera, indépendantiste. Le prochain scrutin devrait confirmer, selon lui, le vote de 2015, pour cette "collectivité unie", comme il la surnomme, rappelant: "Nous avons plaidé pendant 40 ans pour la suppression des conseils départementaux qui faisaient le jeu du clientélisme". 

Les adversaires des nationalistes manifestent leur inquiétude

L'Assemblée de Corse a reconnu publiquement la légitimité du gouvernement de la Catalogne. "On ne peut pas continuer à laisser penser que seule la voie de l'autodétermination, de l'indépendance soit une voie salutaire", s'est insurgé Jean-Martin Mondoloni, tête de liste LR, sur Corse Net Infos.

"Nos adversaires politiques essaient de dramatiser les enjeux et de construire artificiellement la campagne comme si l'enjeu était l'indépendance d'un côté et le maintien des liens avec la République de l'autre", accuse Gilles Simeoni, qui dirige l'exécutif corse.

"L'objectif, c'est d'obtenir un statut d'autonomie dans les trois ans à venir,"
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Gilles Simeoni confirme même encore que leur volonté est de "le mettre en oeuvre sur une période de dix ans". Pour le leader autonomiste, l'indépendance de l'île de Beauté "n'est pas souhaitable". C'est ce qu'il affirme pour l'heure, comme les tenants du PACS qui ne voulaient pas du "mariage pour tous" ou le passage de la PMA (procréation médicalement assistée) à la GPA (gestation pour autrui)...

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"Je pense rigoureusement le contraire de Simeoni sur ce point", réagit Jean-Guy Talamoni. Mais le leader indépendantiste reconnaît "l'avance qu'a la Catalogne sur le plan institutionnel et économique par rapport à la Corse"

Les deux alliés objectifs s'accordent pour dire que les Corses décideront "plus tard"

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"Notre accord stratégique est la demande d'autonomie, et il n'y a aucun caractère mécanique pour aller plus loin", insiste Gilles Simeoni. Dans leur programme en dix points, les nationalistes se prononcent pour "une autonomie de plein droit et de plein exercice, avec pouvoir législatif, réglementaire et fiscal".

Le chercheur Thierry Dominici, docteur en sciences politiques, ne veut pas croire en un scénario à la catalane pour la Corse, même si les idées nationalistes progressent dans l'électorat - "la 'corsité' touche tout le monde", prévient-il. Mais il compare plutôt l'île de Beauté à l'Ecosse où, "par crainte économique, 55% ont voté contre l'indépendance en 2014". 
Ce socio-politologue auteur d'une étude comparée des forces nationalitaires contemporaines corses estime que les mouvements nationalistes sont plus culturels que politiques et conclut : "Aujourd'hui en Corse, je ne suis pas certain que les insulaires voteraient même pour l'autonomie".

Ce spécialiste de la jeunesse insulaire l'assure, "la plupart des jeunes n'adhèrent pas à la démarche hégémonique de Femu a Corsica (de Gilles Simeoni), et le militant de base ne comprend pas la démarche de l'exécutif". "Ils pensaient qu'en mettant des élus nationalistes au pouvoir, ils auraient un gouvernement corse, alors que ce ne sont que les gestionnaires d'une région", commente-t-il.

Les nationalistes "n'ont pas révolutionné le système, d'autant plus qu'ils ne le peuvent pas : ils sont tenus par le droit", poursuit le chercheur. Jean-Guy Talamoni juge néanmoins que ces deux ans à diriger la CTC ont "rassuré ceux qui n'avaient pas voté pour nous". L'indépendantiste mise manifestement sur la durée.
Aux élections de décembre, un petit parti indépendantiste fera cavalier seul : le Rinnovu promet d'ailleurs aux insulaires un référendum d'autodétermination, en 2032.

L'Outre-mer a-t-il aussi des velléités d'autonomie ?

Après une troisième et vaine tentative d'élection, la Nouvelle-Calédonie se cherche toujours un chef de l'exécutif.
Résultat de recherche d'images pour "mouvement Nouvelle caledonie INDEPENDANTISTE"Les onze membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont tenté ce jour - pour la troisième fois depuis le 31 août - d'élire leur président, mais les divisions entre non-indépendantistes ont à nouveau conduit à l'échec. "Il n'y avait qu'un seul candidat en lice, Philippe Germain. Il a recueilli cinq voix et six bulletins étaient blancs", a déclaré à la presse une porte-parole du gouvernement collégial de l’archipel, déjà très autonome. Le président sortant et candidat de la Plateforme, qui réunit les principaux partis de la droite, Philippe Germain, n'a pas obtenu la voix du sixième ministre non-indépendantiste et non membre de la Plateforme.
Selon des sources concordantes, le comité des signataires de l'Accord de Nouméa, qui rassemblera les acteurs locaux début novembre à Matignon sous l'égide d'Edouard Philippe, pourrait amorcer une sortie de crise. La Nouvelle-Calédonie traverse une période politiquement sensible avec la tenue au plus tard en novembre 2018 d'un référendum sur l'indépendance.

Macron favorable au maintien dans la communauté nationale.
"J’ai la volonté de travailler davantage à l’inclusion des territoires d’outre-mer dans leur environnement régional. Dans ce cadre-là, il est important pour la France de rappeler son attachement au Pacifique ", a affirmé, dans un entretien avec Nouvelles Calédoniennes, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en déplacement dans l’archipel du Pacifique, cet été. "La France respectera le choix qui sera fait, a-t-elle assuré. 
Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré souhaiter "que la Nouvelle-Calédonie reste dans la communauté nationale. […] Je suis convaincu que la présence de la France est nécessaire pour garantir la paix civile et le développement."
Deux options : Etat associé ou Etat fédéré ?
"Aucun État associé n’est pleinement indépendant, mais les compétences régaliennes qu’il délègue le sont toujours de manière volontaire", expliquait Jean-Jacques Urvoas. Alors ministre, il rappela que l’article 88 de la Constitution autorise la France à "conclure des accords avec des États, qui désirent s’associer à elle". Ils demandent à entrer dans la communauté française et non à en sortir.
La seconde option serait la création d’un État fédéré, une fédération de Nouvelle-Calédonie qui "permettrait de satisfaire les revendications des deux parties - un État pour les indépendantistes, le maintien dans la République pour les non-indépendantistes ". Ce statut nécessiterait une révision constitutionnelle pour créer "un lien de nature fédérale entre la République et un seul de ses territoires", instituant "un fédéralisme asymétrique d’une rare originalité sans équivalent dans le reste du monde !"

Et la Guyane ?
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Un référendum local sur l'autonomie de la Guyane a eu lieu le 10 janvier 2010, le même jour que le référendum sur l'autonomie de la Martinique, organisé en Martinique. Comme ce dernier, il se solda par une large victoire du Non. Il avait été décidé courant 2009 à la suite de la grève générale aux Antilles en début d'année. Cette consultation proposait une autonomie accrue, en passant sous le statut de collectivité d'outre-mer au lieu de celui de département et de région.
A la suite de ce rejet, un nouveau référendum fut organisé le 24 janvier, proposant simplement un régime d'assemblée unique remplaçant le Conseil général et le Conseil régional. Après ce scrutin, la création de l’Assemblée de Guyane était prévue pour le 1er janvier 2016. C'est l'assemblée délibérante de la collectivité territoriale unique de Guyane (CTG), présidée par Rodolphe Alexandre (DVG) qui fut exclu du PS de Guyane et battit Christiane Taubira aux Régionales de 2010. Lors du référendum de 2010 sur le passage de la Guyane à un statut de collectivité d'outre-mer, bien que critique du caractère flou du projet, cette ministre PRG de Hollande appella à voter "Oui". Cette militante indépendantiste devenue députée de Guyane retournait donc ainsi à ses amours de jeunesse.

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