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dimanche 29 octobre 2017

Au signal de Hollywood, les harcelé-e-s de France sortent du placard

"Me Too" a soudain mobilisé des centaines de personnes dans la rue pour dire non au harcèlement
"Me Too" : des centaines de personnes dans la rue pour dire non au harcèlement
Que la manif est festive et colorée...

Elles – et parfois ils – ont dit stop. 

Dénoncer harcèlement, agressions sexuelles et viols ne mobilise que 
quelques centaines de personnes rassemblées dimanche 29 octobre en France, dans le sillage des témoignages qui ont déferlé sur la toile sous les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc dans la foulée de l'affaire Weinstein. N'est-ce donc qu'une simple récupération, une occasion comme une autre de faire descendre les gens dans la rue : leur faire prendre l'habitude, dans la perspective de causes moins défendables et plus politiques ? 

Moi aussi, comme les starlettes américaines ?
Muni(e)s de petites pancartes "#MeToo", "#MeToo, j'avais 19 ans", "#MeToo par un collègue", "#MeToo par un camarade militant", des femmes, mais aussi des hommes se sont réunis place de la République à Paris.

L'appel à manifester a été lancé par la journaliste Carol Galand
Elle l'expliquait à "L'Obs" qu'elle avait invité "à faire de #MeToo autre chose qu'un buzz sur les réseaux sociaux". C'est manqué, mais prévisible, tant l'imitation de #BalanceTonPorc est caricaturale.

Les hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo "ont mis le feu aux joues" [image ambigue !] de milliers de victimes qui ont vu resurgir en elles des souvenirs qu'elles avaient pris soin d'ensevelir au plus profond "dans des petites boîtes noires avant de les ranger sur l'étagère la plus sombre de leur mémoire". Cette longue phrase tarabiscotée ne plaide pas en faveur de la sincérité de la démarche, télécommandée et si peu libératrice.

L'instigatrice de ces rassemblements voulait faire vivre son hashtag
Carol Galand
"Je trouvais ça dommage que ce hashtag #MeToo dans la vraie vie" se limite juste à un buzz." "J'ai agi en tant que femme, en tant que citoyenne. Comme souvent, les gens attendent que quelqu'un initie le mouvement, puis le rejoignent", explique-t-elle. L'idée est d'exporter ces souffrances hors de la seule sphère numérique, de les faire descendre dans la rue. "De sortir du web 2.0 pour aller à la rencontre de la vraie vie", se justifie-t-elle. 
Dommage toutefois qu'elle soit rédactrice en chef chez QOA Magazine (acronyme signifie Quand On Aime), premier magazine de promotion et de démocratisation du voyage utile (à travers la réalisation d’une mission, partout dans le monde : éco-volontariat, volontariat, bénévolat, wwoofing, missions humanitaires, missions de préserves de la faune ou encore de la protection de l’environnement : le désert rural hexagonal, trop peu pour elles !) , "magazine référent du ...consom'acteur" : on est donc en plein dans le sujet ! 
Et puis, la journaliste ne nie pas sa volonté de faire bouger les gens sur n'importe quel sujet, puisqu'elle vise à "donner une large place aux "faiseurs", proposant systématiquement en fin d'articles des pistes d'engagement au lecteur."

La dame est aussi directrice de l'Association Swane, prioritairement sur l'activité éditoriale, une association loi 1901 peut probablement aider l'autre à boucler les budgets. Swane a pour but de redonner la parole (c'est bien, mais l'espoir, c'est mieux) aux enfants en difficulté et c'est du sérieux dans les services Hématologie et Oncologie de l’hôpital Trousseau. On change sans doute de sujet. 
"Les journalistes bénévoles de l'association accompagnent notamment des enfants hospitalisés en séjour longue durée dans la réalisation de leur propre magazine, la Plume de Swane. En sortant de leur condition de malades, ils retrouvent confiance et estime de soi, et une capacité à se projeter dans un moment particulièrement difficile de leur vie." 

Des rassemblements à Paris et en province

La thérapie de l'étalage, ça fonctionne ? 
Plusieurs rassemblements se tenaient aussi en province. Ci-contre à Lyon Place Bellecour.

D'autres ont eu lieu  à Bordeaux, à Marseille – avec une centaine de personnes dans chaque ville.

"Qu'aurait dit Sarah ?"
Margot, 18 ans, serveuse, raconte qu'un de ses collègues lui "pinçait les jambes dans l'escalier". Quand elle en a référé à son supérieur, celui-ci est allé parler avec son collègue mais est revenu en lui disant que "c'était sa manière de communiquer". Depuis, Margot a démissionné, "en partie pour cela", raconte-t-elle sur la place de la République.

Plus loin, plus dramatique, des proches brandissent une grande photo d'une femme qui a disparu, victime de violences "'Me Too', mais elle n'est plus là pour le dire. Qu'aurait dit Sarah ?"

"Debout les femmes !" L'hymne féministe va devenir un tube. On parie ?
Claire, 61 ans, ancienne militante au MLF (mouvement de libération des femmes), est à la fois "triste" et "contente" de cet événement. "Le mouvement qui se passe là, il est intéressant", estime-t-elle, se réjouissant de voir une pancarte "Le patriarcat nique son père".
L'intention militante  inavouée des féministes a émergé. Un mouvement d'action punitive s'est substitué à une demande de soins pour les uns (de la part d'associatifs humanitaires, n'est-ce pas!) et, pour les autres, un peu d'empathie.

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