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samedi 28 mars 2015

En Corrèze et en Essonne, les départementales pourraient être fatales à l'exécutif

Hollande et Valls sont des abcès de fixation du mécontentement populaire   

Parmi les départements à surveiller, la Corrèze et l'Essonne

  
Président Hollande tendu et hautain
lors de son passage à Tulle
pour le 1er tour de la départementale
Le PS a beaucoup à perdre, notamment le Nord et le Pas-de-Calais, le Vaucluse, le Val-de-Marne, l'Isère, les Pyrénées-Orientales, le Finistère ou les Bouches-du-Rhône, lors des départements pour le second tour des élections départementales dimanche. 

La politique de François Hollande met le PS en danger en Corrèze  

Aura-t-il suffi de faire pleuvoir la manne présidentielle sur Tulle et ses environs? Lors des municipales, l’an dernier, François Hollande avait été frappé par la perte de Limoges, aux mains de la gauche depuis un siècle. Ce dimanche, au second tour des départementales, c’est la Corrèze de Chirac, dans le même Limousin, que l’UMP rêve de reprendre. Le trophée ne serait pas que symbolique: il serait le starter de la débâcle nationale. Le département est le fief du chef de l’Etat, après avoir été jadis celui de Jacques Chirac. 
C’est là que le leader socialiste a été parachuté de Rouen et Paris, à 550 km, dans les années 1980, et a construit sa carrière politique. C’est aussi sur cette terre qui "fait pousser des champignons et des présidents " – selon sa propre formule – qu’il s’est officiellement lancé dans la course à l’Elysée en mars 2011, juste après avoir été réélu à la tête du Conseil général (qu’il a présidé de 2008 à 2012). A l’époque, la gauche l’avait emporté de peu, comme en 2008. 

Cette fois, la majorité sortante, conduite par le socialiste Gérard Bonnet, est en difficulté. Victime de l'impopularité nationale du président Hollande. Malgré une participation relativement élevée, de 59,6 %, le PS n’a remporté aucun canton au premier tour. Et un seul de ses binômes a viré en tête : celui de Bernard Combes, maire de Tulle, premier vice-président du Conseil général et conseiller à l’Elysée, à qui il n’a manqué que 8 voix pour l’emporter. La droite, rassemblée autour de Pascal Coste, chef de file de Corrèze demain (UMP-UDI), a déjà gagné 4 cantons sur 19 – dont 2 arrachés à la gauche – et est en ballottage favorable dans au moins 5 autres. Beaucoup sont indécis. " La Corrèze se joue à rien", tente-t-on de se rassurer Rue de Solferino. Mais l’inquiétude domine : seule la mobilisation des électeurs de toute la gauche pourrait encore permettre au PS de renverser la vapeur. Mais la tentation est forte pour les militants d'extrême gauche comme d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) de se faire respecter. 

Essonne : le " frondeur" Jérôme Guedj (PS) est sur un siège éjectable

La  droite est aux portes de l’Essonne. Elle est arrivée en tête au premier tour dans 9 cantons sur 21 et elle est en ballottage favorable dans plusieurs autres. La dynamique de l'opposition s'amplifie depuis les municipales de 2014, à l’issue desquelles elle avait raflé de nombreuses villes, dont Palaiseau, à la gauche, qui contrôle le département depuis 1998. 
Malgré une méchante affaire montée de toutes pièces -par deux employées communales frontistes défendues par Me Gilbert Collard- et jetée dans les pieds du maire de Draveil, l’ancien ministre (2010-2011) UMP Georges Tron, candidat à la présidence du Conseil départemental, s’est imposé avec 10 points d’avance dans le canton de Draveil. Mais le Front national pourrait jouer les arbitres après sa percée dimanche dernier. Le parti d’extrême droite est arrivé en tête à Corbeille-Essonne et se maintient au second tour dans sept autres cantons de l'Essonne. Ainsi comprend-on pourquoi Manuel Valls agresse le FN à longueur de journées.
Face à la pression des oppositions, le PS ne pourra exploiter l'excuse de divisions de la gauche qui, pour la circonstance, s'est rassemblée  dès le premier tour dans 8 cantons. Et elle s’est au final qualifiée dans 17 cantons. Jérôme Guedj, le président sortant PS (depuis 2012 seulement) du Conseil général, veut donc encore y croire et martèle son message de rassemblement.
La secrétaire d'Etat P. Boistard accompagnée du secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et ancien député de l'Essonne Thierry Mandon,
portaient à bouts de bras le président sortant du CG Jérôme Guedj,
outre la secrétaire nationale d'EELV E. Cosse,
distribuant des tracts contre Georges Tron à Juvisy-sur-Orge.
 
Mercredi, le canton a vu déferler les responsables parisiens: la patronne des Verts, Emmanuelle Cosse, qui intrigue pour entrer au gouvernement, et rien que deux  secrétaires d’Etat du gouvernement  de Manuel Valls (député de l'Essonne, 2002-2012, et président de la Communauté d'agglomération Évry Centre Essonne, 2008-2012), Pascale Boistard (Droits des femmes et députée de la... Somme) et Thierry Mandon (Réforme de l’Etat et député de... l'Essonne), venus tracter pour faire barrage à Georges Tron. 
 Taubira est venue soutenir, non pas Valls,
mais Guedj, qui aurait préféré la laisser hors de tout
Le forcing est d'autant plus manifeste que, comme ces membres du gouvernement, Christiane Taubira est allée faire campagne en Essonne, le département du premier ministre Manuel Valls, où le PS est en très grande difficulté.
Une telle pression socialiste s'apparente à de l'abus de pouvoir mais risque d'indisposer l'électorat résistant au parti unique et à toute forme de totalitarisme.

 

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