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mercredi 17 septembre 2014

Libération se libère d'un salarié sur trois...

Libération va supprimer 93 postes sur les 250 salariés

La direction a dévoilé 
aux salariés un plan de redressement productif du quotidien socialiste Libération
,
annoncé le 14 septembre par Laurent Mouchard-Joffrin, rappelé à la tête de la rédaction par les actionnaires au début juillet dernier. Les actionnaires de référence sont d'une part l'homme d'affaires Bruno Ledoux, proche des banques d'affaires mondiales (Édouard de Rothschild, coactionnaire à égalité avec Bruno Ledoux avec plus de 26% du capital et ancien patron du nouveau ministre de l'économie de Hollande et Valls, Emmanuel Macron) ou ...Lehman Brothers, et d'importants acteurs économiques, tel Vinci,  et marié à Sonia de Maigret, petite-fille du prince Michel Poniatowski, ancien ministre, et d'autre part de Patrick Drahi, autre homme d'affaires et patron du groupe Altice (Numericable), 12e fortune française avec un patrimoine évalué à 6 milliards d'euros, né au Maroc en 1963 mais résident Suisse... Selon Challenges, l'avocat de Patrick Drahi a déclaré que l'actionnaire de Libération à 50% possède exclusivement la nationalité israélienne et qu'il a demandé la perte de sa nationalité française.

En mars dernier, Bruno Ledoux avait injecté 18 millions d'euros en apportant en garantie le siège du journal, rue Béranger à Paris, dont la valeur est estimée à 30 millions d'euros. Lors d'un conseil de surveillance, il n'avait pu que constater qu'il était le seul actionnaire prêt à remettre au pot. "Pour l'instant, je suis le seul disposé à le faire. Aucun partenaire ne s'est manifesté de manière concrète. Les discussions engagées n'ont pas abouti", avoua Bruno Ledoux.

Outre la suppression de 93 postes sur un effectif total de 250 personnes (dont 81 CDI sur 238, soit un tiers) - soit près de ...30% des effectifs, un salarié sur trois - ce plan contient  un changement de tous les contrats de travail

Joffrin et Fraidenraich
Il prévoit de surcroît la suppression de 9 RTT sur 21, un déménagement de la rédaction et une refonte complète du journal et du site autour de six pôles: Pouvoir, Planète monde, Futur, Idées, Culture et Next. 

"Nous allons regarder ce plan avec rigueur et allons entamer une négociation serrée. La révolte ne sert à rien", ajoute Tonino Serafini, délégué syndical SUD et élu au CE, qui est donc le dernier surpris. D'autant que la direction va introduire une clause de non-dénigrement -autant dire qu'il instaure une censure interne- afin d'empêcher les salariés de critiquer leurs actionnaires et leur direction, en représailles de la crise violente qui avait opposé la rédaction à la direction en avril dernier. 

"Il faut absolument remettre le journal en situation d'être indépendant financièrement alors que l'année 2014 s'annonce catastrophique. Nous voulons concilier les ambitions éditoriales et les impératifs économiques", explique François Moulias, le cogérant du groupe Libération. Après le plan, il devrait rester 130 journalistes, contre 180 actuellement, pour faire vivre les sites Internet et le journal papier. Des fonctions support seront même totalement externalisées comme la documentation ou la diffusion.

Concrètement, la direction a élargi la clause de cession à tous les salariés, même non journalistes. Cette clause - qui permet depuis 1935 à tout journaliste de quitter de sa propre initiative une entreprise, tout en percevant les indemnités de licenciement lorsque le journal ou le périodique auquel il collabore est cédé ou change d'actionnaire - est ouverte jusqu'au 30 novembre, et abondée de 12.000 euros, mais uniquement pour ceux qui décident de la prendre avant le 30 septembre. Une mesure incitative, notamment auprès des 34 journalistes de plus de 59 ans dans la rédaction.

Nouveaux contrats de travail

Et aussi une entreprise
en redressement productif
Mi-décembre 2014, la direction présentera aux salariés de nouveaux contrats de travail unifiés, qui spécifient qu'ils devront travailler aussi bien sur le Web, le papier et à terme sur la radio, la vidéo, l'édition ou même les événements. Tous les salariés qui refuseront ce nouveau contrat de travail seront soumis à une procédure de licenciement individuel. En janvier 2015, la direction comptabilisera le nombre de départs "volontaires" (qu'elle espère le plus élevé possible) avant d'ouvrir un plan de départs contraints pour arriver à l'objectif de 93 postes supprimés.

Libération a provisionné environ 10 millions d'euros pour ce plan de licenciements. Elle espère, ensuite, réduire la masse salariale de 8 millions d'euros en année pleine. La direction tentera aussi de renégocier tous les contrats des fournisseurs pour réduire les charges. Mais la grande économie devrait venir du déménagement, envisagé au premier semestre 2015. Il permettrait de réduire de moitié la facture par rapport au loyer de la rue Béranger. La question de savoir si la rédaction reviendra une fois les locaux rénovés reste en suspens.

"Le plan a été dimensionné pour que Libération revienne à l'équilibre dès 2015. Ensuite nous pourrons nous consacrer aux projets de développement", explique Pierre Fraidenraich, directeur général du holding du groupe, venu de Canal+. Après le plan d'austérité interne, Libération espère repartir de l'avant. D'ici à la fin du premier trimestre 2015, le journal devrait lancer une partie payante (paywall) du site, un site vidéo avec des partenaires affiliés, dont le Bondy Blog, mais aussi une nouvelle formule papier. Le groupe compte beaucoup sur la reprise des Forums de Libération dont 5 à 6 sont en préparation pour 2015. Enfin, Libération devrait investir pour relancer les abonnements portés du journal (il y a actuellement 25.000 abonnés au papier), ainsi que les abonnements numériques (11.000 en ce moment).

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