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samedi 20 septembre 2014

Colère paysanne au centre des impôts, symbole de la République, de Morlaix, sous-préfecture

Manuel Valls promet la rigueur de la justice...

Les incendies visent des bâtiments de la République 
Des producteurs en colère mettent le feu à un symbole de l'oppression par la République, un centre des impôts d'une sous-préfecture, alors que le président Hollande lance en Irak sa 3e guerre en deux ans.
"Le bâtiment est détruit, la charpente à l'intérieur s'affaisse", a observé le Premier ministre, s'attardant sur les effets plutôt que sur les causes du désespoir des producteurs de légumes. "C'est le signe d'une grande détresse pour en arriver là. Quelque part, ça fait peur", s'est inquiétée le maire PS de Saint-Martin-des-Champs près de la sous-préfecture du Finistère, à Morlaix, soulignant que ce bâtiment abritant la Mutualité Sociale Agricole (MSA), l'organisme de protection sociale obligatoire des salariés et exploitants du secteur agricole en France, avait été construit il y deux ans sur sa commune. L'incendie de la MSA a été maîtrisé et éteint au cours de la nuit.

Puis,
les manifestants se sont dirigés vers le centre-ville de Morlaix pour se regrouper devant le centre des impôts. 
Outre les légumes invendus, des palettes et des pneus, ils ont aussi déversé du fumier. Cassant portes et fenêtres, ils l'ont alors incendié.
L'hôtel des impôts de Morlaix, un long bâtiment blanc de deux étages, lui aussi récent, est complètement détruit par le feu à l'une de ses extrémitésLes paysans ont forcé la porte, épandu du fumier, éparpillé des palettes en bois qu'ils ont embrasées. Les flammes ont gagné le bâtiment administratif que les pompiers ont tenté de sauver vers 22h45. Mais certains manifestants leur ont barré la route. A l'extérieur, des tonnes d'artichauts et de pommes de terre jonchaient encore le sol vers 02h00 du matin. 
Les soldats du feu n'ont pu entrer en action qu'à minuit, après le départ des paysans, et ils sont parvenus à maîtriser l'incendie un quart d'heure plus tard, selon la maire (UMP) de Morlaix, Agnès Le Brun.

Les manifestants ont ensuite déversé des tonnes d'artichauts sur la route nationale 12 qui relie Brest à Morlaix.
  A proximité de la sous-préfecture une dizaine de fourgons de gendarmerie étaient stationnés pour protéger l'institution représentant le pouvoir central et le calme semblait revenu. Au milieu de la nuit les services de la ville s'affairaient pour tout nettoyer.

"C'est une jacquerie, une révolte qui part de la base"

Centre des Impôts de Morlaix,
sous préfecture
"C'est une jacquerie, une révolte qui part de la base, complètement déstructurée, hors des relations syndicales. Les syndicats sont dépassés par la base", a déclaré Agnès Le Brun. 
"Ce n'est pas un coup de colère, c'est une colère froide", a-t-elle ajouté.  Tout en déplorant la violence "toujours contre-productive"l'élue a expliqué que c'est "quelque chose qui mûrit depuis des semaines, depuis des mois sur une conjonction d'événements: la baisse de la consommation, la surproduction, la baisse des cours, l'embargo russe, les charges sociales de plus en plus accablantes".
Avec l'incendie du Centre des impôts, "c'est un bâtiment d'Etat" qui a été visé, "à l'Etat d'intervenir".
"Quand les gens ne peuvent plus acheter à manger à leurs enfants, payer leurs cotisations sociales... Quand tous les matins ils se lèvent en se disant qu'ils vont travailler pour rien, cela s'appelle le désespoir. Ils se sentent méprisés", explique la maire de Morlaix
La colère des légumiers exprime un ras-le-bol fiscal. 
"Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu'ils ont fait", a déclaré samedi matin le président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) du Finistère, Thierry Merret, après le passage des producteurs à bout.

"Il faut relativiser;il n'y a pas eu mort d'homme, c'est une forme de témoignage pour dire: écoutez nous", explique également un Bonnet rouge

Le patron de la FNSEA est, lui, plus modéré mais prévient que "la tension monte dans les campagnes". Xavier Beulin a appelé les parties, et notamment le gouvernement parisien, "au dialogue et à l'apaisement". Il a en effet demandé au gouvernement de "mettre en oeuvre tout de suite" la levée de certaines contraintes, au lieu d'en rajouter. Selon lui, les agriculteurs sont plus qu'excédés par les tracasseries administratives et se heurtent à "l’autisme des pouvoirs publics".

L
e désespoir justifie cette violence 

Le premier ministre ne pouvait pas ne pas condamner et il l'a fait par communiqué, "énergiquement" samedi, promettant des poursuites judiciaires contre les "saccages et destructions par incendie" des deux bâtiments. "Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d'accomplir leur mission", s'indigne le premier ministre qui ne manifeste pas cette révolte juste contre la violence quand les sauveteurs sont empêchés dans les zones de non-droit des banlieues. Dans l'après-midi, en marge d'un déplacement à Paris à l'occasion des Journées du Patrimoine, le chef du gouvernement a de nouveau condamné  ce "saccage" "avec la plus grande fermeté". "La violence, le fait qu'on ait empêché les sapeurs pompiers d'intervenir... Rien ne justifie cette violence (...) d'autant que le gouvernement est à l'écoute", a-t-il assuré.

De son côté, Stéphane Le Foll, parmi les ministres élus de Bretagne visés par les reproches d'absence en région et d'autisme, a également condamné "avec la plus grande fermeté les exactions" de Morlaix, tout en appelant "l'ensemble des acteurs à l'apaisement et à la responsabilité pour rechercher les solutions de gestion de cette crise", ce qui est portant sa première responsabilité en tant que ministre de l'Agriculture, avant celle de soutien aveugle de la politique de Hollande sur tous les media de France et de Navarre. 
Il préfère accuser Poutine plutôt que d'assumer ses responsabilités. "Depuis l'annonce par les autorités russes de l'embargo sur les produits agricoles et agroalimentaire européens, les pouvoirs publics n'ont cessé d'agir pour permettre la mise en place de mesure de soutien des marchés et ainsi en limiter les conséquences pour les producteurs," prétend le ministre de l'Agriculture, également par communiqué
Le ministre socialiste n'est pas sur la longueur d'onde des exploitants en colère, puisqu'au lieu de condamner (énergiquement !) les marges des grandes enseignes de distribution, il considère que "la crise du chou fleur et de l'artichaut est en grande partie liée à une surproduction liée aux conditions climatiques." 

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui de Paris, n'a rien vu venir, a annoncé ce samedi matin que des réunions sont prévues la semaine prochaine" !

Si Hollande est bas dans les sondages de popularité, c'est aussi la faute aux ...intempéries, comme à l'île de Sein, mais également dès sa première visite à l'étranger, quand son avion présidentiel frappé par la foudre est contraint de retourner sur Paris...

La classe politique condamne évidemment, mais



Une violence qu'Agnès Le Brun condamne mais qu'elle juge "logique".
"Des alertes ont été données depuis des jours et des semaines. Les agriculteurs sont accablés par les charges sociales, les impôts, les dettes, accablés par le fait que ce que vous achetez sept euros le kilo dans un supermarché, on le leur paye sept centimes à la production," a fait valoir la maire de Morlaix. 

 
L'élue de proximité explique en effet que les produits qui sont vendus 7 euros le kilo en grande surface ne leur sont payés que 7 centimes...

1 commentaire :

  1. Lorsqu'on travaille 14h par jour et qu'on est plus capable de nourrir sa famille parcequ'un état vous ruine, c'est DROIT que de tout exploser, tout detruire. vive la revolution! , vive le peuple!

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