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jeudi 21 août 2014

Poitou-Charentes n'a plus envie de revoir Ségolène Royal !

La ministre est à Paris; qu'elle y reste !

Ségolène Royal s'est faite rare en Poitou-Charentes ces derniers mois
et les habitants se sentent soulagés. 

À tel point que l'ancienne présidente de région pourrait sécher l'université d'été 2014 du Parti socialiste à La Rochelle. 

"Elle n'est pas sûre d'y avoir un bon accueil"
, explique le député et président  UMP du Conseil général de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau. En effet, en s'éloignant, la ministre de l'Écologie a laissé le champs libre à ses nombreux détracteurs, jusque dans son propre camp. Elle avait fait une brève apparition à l'université d'été l'année dernière, mais son impopularité n'a cessé de croître et, cette année, elle pourrait renoncer. 

Les "camarades" qu'elle a maltraités se trouvent à La Rochelle. Il s'agit du maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, à qui elle refusait la parole au Conseil régional, et du député de la Charente-Maritime, Olivier Falorni, le candidat socialiste légitime que Paris avait tenté d'écarter au profit de Ségolène Royal, qui  a été préféré à la parachutée dans les urnes en 2012. Or, l'usage veut que le maire de La Rochelle ouvre l'université d'été du PS: même l'ex-maire PRG Michel Crépeau le faisait en son temps. Solférino a sollicité Fountaine, bien qu'il ait été exclu du parti lors des municipales: il s'était également présenté à la mairie en dissident face à la candidate officielle du parti, Anne-Laure Jaumouillié. Cette désignation parisienne avait provoqué la colère de la fédération socialiste de Charente-Maritime. Olivier Falorni critiqua la réaction des militants locaux : "C'est une volonté de revanche des ségolénistes", estima-t-il, qui chercheraient à isoler le tandem qu'il forme avec Fountaine. Dans son viseur, Mickaël Vallet, à la tête de la fédération PS de Charente-Maritime et soutien de Ségolène Royal. Pour ce dernier, Falorni et Fountaine jouent trop sur "l'effet répulsion" qu'inspire de plus en plus souvent la personnalité de Ségolène Royal.
VOIR et ENTENDRE ce qu'est la "démocratie participative, selon S. Royal:

"Tous lui en veulent terriblement"

Ségolène Royal perd de plus en plus de soutiens. La polémique autour du projet de construction d'un tronçon d'autoroute entre Fontenay-le-Comte et Rochefort, sur lequel elle a tenté d'opposer son veto, l'a grandement isolée. "Elle a mis tout le conseil général en porte à faux", souligne Jean-François Fountaine. "Tous lui en veulent terriblement", ajoute un élu UMP du Conseil général de la Charente-Maritime. Et ils n'ont pas manqué de le lui faire savoir. Des personnalités locales, dont de nombreux socialistes, ont demandé à Manuel Valls de trancher, requête à laquelle le Premier ministre a répondu... à la défaveur de Ségolène Royal.

Dans les Deux-Sèvres aussi, le terrain est miné pour la ministre. Dans la circonscription de son ancienne protégée Delphine Batho, devenue sa rivale, elle s'est trouvé une nouvelle ennemie : la socialiste Geneviève Gaillard, députée et ex-maire de Niort, dont la défaite aux municipales face à un candidat centriste - soutenu par l'UMP - n'a pas spécialement ému Ségolène Royal, qui a salué le soir même "la victoire d'une liste de large rassemblement sur une liste de divisions et de cumul des mandats". Une pique adressée directement à Geneviève Gaillard, qui crie, en retour, à une cabale. 
D'importantes villes de gauche ont basculé aux dernières municipales et la déclaration de l'ex-présidente de Poitou-Charentes a de quoi étonner, elle qui a pourtant besoin de s'attirer des soutiens. Angoulême a été remportée par la droite, alors qu'elle avait été raflée en 2008 par Philippe Lavaud, proche de Royal. Unique petite consolation, le nouveau président du Grand Angoulême, le socialiste Jean-François Dauré - qui a succédé à Philippe Lavaud -, a confié son cabinet à un ancien chargé de mission de Royal, Aurélien Tricot.

Avis de gros temps 

Angoulême : près de 600 personnes ont manifesté
pour le rattachement des Charentes à l'Aquitaine
La ministre de l'Écologie tente de conserver son leadership en Poitou-Charentes. Ainsi, pendant le feuilleton de la réforme territoriale elle a suggéré un rapprochement avec les Pays de la Loire plutôt qu'avec l'Aquitaine, provoquant la colère d'élus locaux, droite et gauche confondues en juin dernier. Peut-être, avec une telle proposition, entend-elle éviter une rivalité avec le président de la région Aquitaine, Alain Rousset, un socialiste localement influent, qui risquerait de lui asséner le coup de grâce en région.  "Rousset pèse lourd au niveau des fédérations", estime Olivier Falorni. 
Jean-François Macaire, successeur de Royal à la tête de la région Poitou-Charentes, prétend en revanche que proposer de se rapprocher des Pays de la Loire est, au contraire, une "prise de risque électorale" pour Royal, un rapprochement avec l'Aquitaine lui paraissant beaucoup plus bénéfique électoralement : "Lorsqu'il a plutôt été question de se rapprocher de l'Aquitaine, on nous a même accusés de faire des arrangements électoraux pour établir une région forteresse pour la gauche !" raconte-t-il à qui veut l'entendre. 

Malgré tout, à l'approche des sénatoriales, les derniers royalistes affichent de la confiance. Ils sont convaincus que la tête de liste en Charente-Maritime Bernard Lalande, étiqueté "ségoléniste", va rafler son siège à la droite sortante. Pour cela, ils comptent beaucoup sur le vote des élus ruraux, qui apprécieraient particulièrement la ministre, surtout quand ils appartiennent à la Confédération paysanne qu'elle a favorisé au détriment de la FNSEA. Bernard Lalande, décrit par un de ses soutiens comme un "ultra-ultra-rural", pense que le label "Royal" est un réel avantage. "Elle respecte les ruraux, lorsqu'elle vient dans les petites communes, il y a toujours beaucoup de monde pour l'accueillir," affirme-t-il.
Pour le maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, à l'inverse, si Lalande espère remporter les sénatoriales, le candidat socialiste devra "ratisser large": "Il faudra qu'il prenne des distances avec son image ségoléniste." 
On l'a compris, tout se jouera autour du rejet -ou non- de Ségolène Royal. Et le malaise est cette fois plus profond que les décolletés que la ministre de l'Écologie a tenté d'imposer en avril dernier par le biais d'un code vestimentaire.

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