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samedi 9 août 2014

Mata Hari, légende populaire et personnage symbolique de l'espionnage

Mata Hari, une courtisane piégée par la guerre 

Vraie-fausse espionne dans les années 1910,
la courtisane n’a jamais transmis une information de qualité. Légende populaire, Mata Hari est surtout un personnage symbolique.

Mais elle est un fantasme. Un fantasme au destin tragique, car elle aura été un bouc émissaire. Les autorités françaises ont fait d’elle une espionne de haut rang au moment de son procès. En 1917, son exécution a été accompagnée d’une formidable propagande militaire et civile. Elle est devenue le symbole de la première génération d’espionnes.

Qui est Mata Hari ?

Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Gertruida Zelle, est née en 1876 dans la petite ville hollandaise de LeuwardenElle développe bientôt une attirance pour les hommes en uniforme et se marie à 18 ans à un militaire de l’armée coloniale néerlandaise. Ils partent vivre à Java, où elle donnera naissance à deux enfants. 
Après son divorce, elle se réinvente une identité à Paris et commence à fréquenter les femmes libérées que l’on appelle les "Grandes Horizontales", ces femmes qui tentent de se positionner dans la hiérarchie économique et politique en fréquentant des hommes riches et célèbres. Margaretha va mettre au point des numéros de danses orientales à la sauce occidentale, inventant du même coup ce que l’on appellera plus tard le Strip Tease et devient la célèbre danseuse et courtisane de luxe, que l’on sait.
En 1914, quand la guerre éclate, Mata Hari se trouve à Berlin.
Elle décide de tenter un retour en France en passant par l’Angleterre en 1915. Malheureusement sa notoriété la rattrape et, sur le sol britannique, Scotland Yard veut l'entendre. Ses allées et venues entre pays belligérants éveillent en effet les soupçons de l’agence britannique, mais elle ne trouvera rien à lui reprocher.

De retour à Paris, elle s'éprend en 1916 d’un soldat russe du nom de Maslov, qui se fait soigner à Vittel et elle éveille les soupçons de Georges Ladoux, un des hauts responsables du contre espionnage, qui la fait suivre. Pour lui, Mata Hari est certainement un exemple frappant de ce qui pourrait être un agent double
Il ne trouvera pourtant rien à lui reprocher non plus. Afin de ne pas perdre la face, il va lui proposer un marché. Il sait qu’elle aime les officiers et va lui offrir la coquette somme d’un million de francs pour tenter de séduire des hauts dignitaires allemands stationnés en Belgique, dans le but de leurs soutirer des informations. Contre rémunération (un million de francs que Ladoux ne versera jamais), Mata Hari, qui veut s’occuper de son Russe blessé, accepte d'aller espionner le Haut commandement allemand en Belgique. En tant que ressortissante des Pays-Bas, elle peut franchir librement les frontières.

Tous les dirigeants du quai d’Orsay et des services du Reich seraient passés par son lit. 
En février 1917, Mata Hari est arrêtée et incarcérée dans la prison St-Lazare (photo ci-contre, lors de sont arrestation). Le capitaine Bouchardon qui s’occupe de son interrogatoire, lui arrache qu'elle est l'auteure de messages codés en provenance de Madrid pour Berlin et signés d’un certain H21. En juillet 1917, Mata Hari comparaît devant un tribunal et, au bout de deux jours, les jurés déclarent Mata Hari coupable de trahison et elle sera condamnée à mort. Le 15 octobre 1917, Mata Hari est conduite à la forteresse de Vincennes où l’attendent ses bourreaux. Elle s’adresse aux fusiliers qui la mettent en joue pour leur pardonner, car ils ne savent pas ce qu’ils font et leur envoie un baiser d’adieu. Le peloton d'exécution fait feu.

La Grande Guerre marque le début de l’espionnage moderne. Aujourd’hui, en pleines commémorations, personne ne parle de ces femmes de l’ombre qui ont eu un rôle capital. Contrairement à Mata Hari, ces vraies premières espionnes ont fourni des renseignements déterminants. Mais elles ont un point commun avec la courtisane : elles partagent le lit de leurs contacts.

Une espionne atypique

Mata Hari.Par la suite, ce lien entre espionnage et affaires sentimentales devient pérenne. Mais Mata Hari réalise cet exercice avec plaisir, contrairement à ses consœurs. Si la majorité des espionnes le sont devenues par nécessité - pour sauver leurs enfants, leur famille ou leur histoire d’amour - Mata Hari n’était pas dans une situation de survie.

En octobre 1917, la danseuse exotique Mata Hari est exécutée à la Forteresse de Vincennes. Inculpée d’espionnage à la solde des allemands par le tribunal militaire français, elle se livre à un dernier baroud d’honneur en refusant de porter un bandeau sur les yeux.  

Les deux Guerres Mondiales, la révolution russe, la chute du Mur de Berlin, la Perestroïka… Tous ces événements ont été déterminés par l’espionnage et souvent par des femmes, comme Mata Hari, piégées par les rouages de l’Histoire.

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