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samedi 16 août 2014

Ebola: et si Marisol Touraine se bougeait au lieu de polémiquer

Le gouvernement reste flou sur sa capacité à combattre le virus en France

Le ministère de la Santé dénonce les déclarations "fausses" et "irresponsables" de Balkany


Le député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) affirmait que des cas d'Ebola avaient été signalés en France. Patrick Balkany citait des "sources médicales fiables" et voulait des explications du gouvernement. Le ministère de la Santé lui a répondu, mardi 12 août, en dénonçant des déclarations "fausses" et "irresponsables" du député-maire UMP qui affirmait sur son site internet que plusieurs cas de personnes contaminées par le virus Ebola auraient été signalés sur le territoire français.
"Ces déclarations sont non seulement fausses, mais elles sont surtout irresponsables", martèle l'entourage de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine. L'épidémie d'Ebola qui sévit en Afrique, une "urgence de santé publique de portée internationale", ne se prête pas aux "déclarations hasardeuses", polémiquait-on au ministère.
Et de réaffirmer, "de manière catégorique et ferme", qu'il n'y a, à ce jour, aucun cas confirmé d'Ebola en France et pas, non plus, de cas "possible" en cours d'analyse.

L'épidémie va sévir au moins pendant six mois, selon MSF

La directrice de Médecins sans frontières revient d'une visite de dix jours en Afrique de l'Ouest. Elle livre un bilan alarmant, vendredi 15 août.

Le virus Ebola "se répand et [la situation] se détériore plus vite que notre capacité à y faire face", explique Joanne Liu, directrice de Médecins sans frontières (MSF), après une visite de dix jours en Afrique de l'Ouest. "Nous avons une totale défaillance des infrastructures", précise-t-elle, vendredi 15 août.

Ces propos alarmants visent notamment le Liberia, où le virus n'est plus confiné"dans seulement quelques villages", puisqu'il se "propage dans une ville d'1,3 million d'habitants, Monrovia". Si la situation n'est pas stabilisée dans ce pays, "on ne stabilisera jamais la région", ajoute Joanne Liu. Voici le bilan de l'épidémie, le 12 août.




Alors que le virus Ebola a déjà causé la mort de 1069 personnes en Afrique de l'Ouest, l'épidémie pourrait encore sévir pendant au moins six mois, selon un scénario optimiste de l'organisation. Joanne Liu décrit un "climat de peur générale, comme en temps de guerre" dans la région touchée, aux frontières de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia. "Les gens se méfient maintenant des centres de santé. Les capacités de suivi des contacts des malades sont insuffisantes."

La France est-elle prête à toute éventualité?

Plusieurs hôpitaux français se préparent à accueillir d'éventuels patients touchés par le virus. Bien qu'aucun cas ne soit avéré sur le territoire pour l'instant, les personnels de santé ont reçu des consignes strictes. Comment sont-ils préparés ?
La France s’est préparée depuis plusieurs années à faire face à des infections comme Ebola. Si un malade est identifié comme possiblement infecté par le virus Ebola dans la région, que ce soit dans un aéroport, un cabinet médical ou un autre hôpital, il est transporté par le SAMU directement dans le secteur dédié à la prise en charge de ces patients : le service de maladies infectieuses de l’hôpital. Des chambres y sont équipées d’un sas et d’un système de traitement de l’air qui évite que celui de la chambre ne diffuse dans le couloir (pression négative). Un circuit est également prévu dans l’hôpital pour éviter que la personne infectée ne croise d’autres malades ou des membres du personnel et le traitement de l’air.

Le risque d'importation d'un cas en France et "il ne faut pas le sous-estimer", explique le Pr Eric Caumes
Eric Caumes, professeur de maladies infectieuses et tropicales à l’université Pierre et Marie Curie et président du Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d’importation, explique pourquoi cette épidémie d'Ebola est plus inquiétante que les épidémies précédentes : "Elle a augmenté à une vitesse impressionnante depuis fin avril, passant d'environ 200 à plus de 1200 cas, explique t-il. De plus, il existe plusieurs foyers épidémiques, ce qui la différencie des autres épidémies."
Or, l'élu UMP a confirmé que "le ministère a été prévenu par mes sources" et il s' interroge: " C'est tout de même curieux que l'on n'ait pas d'échos." 
Le ministère balaie la révélation d'un revers de manche, mais nos liens avec les pays contaminés -notamment la Guinée et jusqu'au Mali- sont si étroits que le déni de Marisol Touraine n'apaise pas l'inquiétude qui se répand en France.

Selon le professeur,
le retard qu'ont pris les autorités à prendre des mesures de précaution, les soins funéraires
et la circulation des personnes ont "largement favorisé la propagation de l'épidémie" et contribuent au fait qu' "elle n'est actuellement plus sous contrôle" comme l'expliquait, dès le mercredi 30 juillet, un responsable de l'ONG Médecins Sans Frontièresen première ligne dans la lutte contre ce virus.
"Les risques d'une épidémie de chikungunya en France métropolitaine me semblaient bien plus importants", explique Eric Caumes. "Mais au aujourd'hui, je peux affirmer que le risque d'importation d'un cas en France existe bel et bien, et qu'il ne faut pas le sous-estimer." "Plus l'épidémie se rapproche d'une capitale et donc d'un vol direct jusqu'à Paris (par exemple Conakry-Paris) et plus le risque augmente", précise t-il.

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