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dimanche 27 juillet 2014

L'extrême gauche pro-palestinienne a défié Hollande sur la manif interdite place de la République samedi

70 interpellations, dégâts limités, mais interdiction bafouée

La gauche anti-républicaine a tenu tête
Les organisateurs du rassemblement de soutien au Hamas palestinien, organisation terroriste, a bel et bien eu lieu. Prévue ce samedi 26 à 15 heures place de la République, il a été maintenu malgré l'interdiction gouvernementale de manifester, confirmée par le Conseil d'Etat
En tout, près de 3000 policiers et gendarmes ont été mobilisés, 1500 place de la République, le reste entre le Marais et Bastille. Il y a douze blessés dans les rangs des forces de l'ordre.
Tardivement, une heure et demi avant la manif, le juge des référés du Conseil d'Etat avait rejeté le recours déposé par les organisateurs, après que le tribunal administratif de Paris a confirmé vendredi soir l'interdiction de la manifestation. 

La préfecture de police a estimé que cette dernière présentait les même risques de violences que celles ayant marqué une précédente manifestation interdite le 19 juillet à Barbès, quartier populaire de la capitale.

Des jeunes des quartiers ont été attirés au coeur de Paris par les organisateurs, les révolutionnaires du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), très en pointe avec le trotskiste Olivier Besancenot, ci-contre à droite) le Parti des indigènes de la République (PIR) ou encore les juifs antisionistes et laïcs de l'Union juive française pour la paix (UJFP), avec l'association France Palestine solidarité ou les anarchistes d'Anonymous notamment. Le Front de gauche était évidemment présent. 


Hyper-connectés,
les militants pro-palestiniens étaient prêts à manifester quoi q'il arrive et le faisaient savoir sur les réseaux sociaux. Des organisations musulmanes mettaient en garde d'éventuels casseurs de venir perturber leur manifestation, proclamant ainsi leur bonne foi.
Contrôles d'identité
Des milliers de personnes ont ainsi convergé place de la République, d'abord dans le calme, avant que des heurts n'éclatent entre activistes qualifiés de 'casseurs' et forces de l'ordre dès 17 heures, bien que les organisateurs aient mobilisé leurs propres services d'ordre souvent issu de la CGT. Soixante-dix interpellations ont eu lieu et 37 personnes étaient en garde à vue samedi soir, principalement pour s'être armés de matraques, battes, poings américains et ...mortiers.

Les fans de Dieudonné ont fait à 14h30 une tentative d'infiltration du défilé interdit 
et étaient effectivement présents comme l'atteste la photo jointe. 
Dieudonné a tenu une conférence de presse ouverte au public avec le sulfureux politicien belge Laurent Louis dans son théâtre de la Main d'Or (XIe arrondissement) et ses admirateurs manifesté la volonté de rejoindre le cortège.


En dépit de menaces de fermeté du ministre de l'Intérieur qui appela "une dernière fois" les organisateurs à "se conformer à la loi" et à "renoncer à manifester" et assurant qu'ils seront tenus pour "seuls responsables d'éventuels débordements" et "passibles de sanctions pénales", les manifestants de la place de la République ne bronchaient pas, certains panneaux étant très hostiles à la politique de la France.





Olivier Besancenot : "On continue à manifester parce que c'est un droit."

"Il est exclu que la France soit pratiquement le seul pays où on ne peut pas manifester sa solidarité avec le peuple palestinien, lance le révolutionnaire place de la République. Il y a une volonté politique du gouvernement français de discréditer ce mouvement, de diviser les organisations entre elles et de laisser dans la rétine de l'opinion que quand on manifeste pour la Palestine, il faut que ça se termine en chaos. Pendant qu'on parle de ça, on ne parle pas de l'essentiel, à Gaza il y a un massacre qui continue."

Mêmes accusations du Tunisien Adnane Benyoussef. Selon le vice-président marxiste de la Fédération tunisienne pour une citoyenneté des deux rives, une des associations ayant appelé à manifester, "le gouvernement veut jouer la carte du pourrissement, il cherche l'escalade pour museler ce mouvement de solidarité avec la Palestine". "Ils savent très bien que les gens vont venir de manière spontanée à 15 heures".

A 15h00, des manifestants crient "Israël assassin !"
Une centaine de personnes  scandent "Israël assassin, Hollande complice".


Selon l'AFP, Vers 13h30 un policier était venu notifier aux organisateurs présents que la manifestation était bien interdite, après le rejet d'un recours devant le Conseil d'Etat, et avait demandé à la trentaine de personnes rassemblées de se disperser.
Un service autonome de sécurité d'une cinquantaine de personnes, vêtues de gilets jaunes, se déploient pour éloigner les éléments les plus virulents.
La RATP ferme alors les stations de métro aux alentours de République. Filles du Calvaire, Chemin Vert, St Sébastien Froissard sont fermées. La station Bastille est partiellement fermée mais les correspondances sont assurées.

Des manifestants brûlent un drapeau israélien 


au pied de la statue de la République, sous les applaudissements, précise Ava Djamshidi. Une partie de la foule applaudit, l'autre siffle.

Le magasin Habitat ferme au niveau de la rue Vieille du Temple. L'établissement "attend de voir la tournure des événements" pour fermer complètement. "On est aux taquet", explique un responsable. Les magasins Go Sport et Darty tout proches ont eux aussi fermé.

La préfecture de police estime que ça aurait pu être pire...
Un commissaire de police parisien présent sur place fait état de la présence de quelques milliers de manifestants au maximum auprès de l'un de nos reporters. Les estimations de la préfecture prévoyaient une fourchette haute de 30.000 personnes. 5000 manifestants seraient présents place de la République, selon des sources policières interrogées par nos reporters sur place. 26 commissaires de police sont mobilisés ainsi que 1700 policiers.

A 16h30, Valls, le Premier ministre est hué, sifflé et conspué. "Volonté sioniste d'interdire la manifs", peut-on entendre. Des organisateurs appellent tout le monde au calme, et en particulier les jeunes installés sur la statue pour que la "manifestation soit exemplaire". En vain.

 Les premiers projectiles volent avant 17h00. 

Les forces anti-émeutes se déploient. Des échauffourées opposent quelques manifestants aux gendarmes mobiles au niveau du début de la rue du Temple. Les forces de l'ordre se sont casquées et sont prêtes à intervenir. "Ils ont mis les cagoules et les foulards. Ca va partir", analyse un policier.
VOIR et ENTENDRE la mauvaise fois de Besancenot et de ses militants:

17h10,
 la police a atteint son quota habituel: une quarantaine d'interpellations ont déjà eu lieu. Une vingtaine de ces activistes déterminés à en découdre étaient déjà placés garde à vue, selon un premier bilan provisoire.

Les plus véhéments essaient de déborder le service d'ordre de la manifestation jusque-là "très efficace", des professionnels  de la manif, admettent les forces de l'ordre elles-mêmes. Les mouvements de foule se font en direction de la rue du Temple, du Boulevard Voltaire et du Boulevard Magenta.
A 17h30, les forces de l'ordre doivent envoyer quelques bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants qui cherchent l'affrontemen, notamment au niveau de la rue du Temple. Des jeunes, certains cagoulés ou le visage masqué par des foulards, jettent également divers projectiles, des pierres notamment, sur des vitrines de magasins.

A 18h00, le service d'ordre de la manifestation a 
quitté les lieux, renonçant à tenter de s'interposer et livrant les activistes aux forces de l'ordre. Des renforts policiers sont arrivés place de la Bastille pour interdire l'accès à la rue de La Roquette où se trouve une synagogue déjà visée lors d'une précédente action pro-palestinienne.
Pendant ce temps, place de la République désertée, des musulmans intégristes font acte de prosélytisme sur la voie publique. Une centaine de jeunes improvise une prière de rue:
  
Vers 19h00, plusieurs centaines de policiers anti-émeutes de la CRS 
tentent de disperser les derniers activistes de la place de la République.

Le ministère accuse le service d'ordre des organisateurs de défaillance
Les "organisateurs n'ont pas su contrôler leur manifestation", assure le porte-parole du ministère, dégageant toute responsabilité..

Bizarre que la circulation ne soit pas coupée, observent pourtant des témoins.

A 19h15, certains camions de gendarmes mobiles quittent la place. Les forces de l'ordre opèrent encore quelques arrestations et des contrôles d'identités.

A 19h30, la place de la République est vidée de ses manifestants.

A 21h00, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, met en cause des jeunes: "il y avait bien présents à cette manifestation des casseurs", insiste-t-il,
comme si ni les organisateurs, ni les militants pro-palestiniens n'avaient plus engagé leur responsabilité. "Il y a eu 70 interpellations et 30 gardes à vue (de manifestants) qui étaient pour une partie d'entre eux armés de façon significative avec des matraques, des mortiers, des poings américains", ajoute-t-il lors d'un point de presse derrière les murs de la préfecture de police.

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