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samedi 5 juillet 2014

Annulation des deux spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon

Le "off" souffre des actions des intermittents privilégiés du "in"

Le public est sur ses gardes et boude les réservations
Les spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon de vendredi soir ont été annulés en raison du mouvement de grève voté par une majorité du personnel en soutien aux intermittents privilégiés -notamment les techniciens- qui protestent contre la nouvelle convention d'assurance-chômage.
Les coordinations d'intermittents protestent contre la nouvelle convention qui menace selon elles leur statut -et donc leurs acquis sociaux- et qu'elles jugent discriminatoire, notamment au regard des congés maternité ou maladie. Mais encore faut-ils distinguer les artistes au cachet qui veulent jouer, parce que précaires, et les techniciens salariés qui ne le sont pas autant et bénéficient largement d'une convention extrêmement favorable, singulièrement à l'heure des sacrifices pour tous.  

Les salariés conservateurs du festival ont voté en faveur de la grève204 pour, 144 contre et quatre se sont abstenus jeudi soir en assemblée générale, selon un communiqué de la CGT spectacle, fer de lance du conflit des intermittents.
"La grève est un droit, je respecte absolument le droit de faire grève comme le droit de ne pas faire grève", a affirmé le directeur du Festival, Olivier Py, à la presse, après s'être résolu à l'annulation de la représentation du "Prince de Hombourg" et de "Coup fatal". "Grâce aux régisseurs, nous avons eu des informations qui nous permettent d'informer le public un peu plus tôt."

Py disait craindre le FN, mais s'est la CGT qui le met à genoux

En mars dernier, au lendemain du premier tour des municipales qui consacra la montée du FN,
Py avait déclaré qu'il refuserait de travailler avec le Front national si ce dernier remportait la mairie, favorisant ainsi l'accession de la candidate PS: en cas de victoire du Front national au second tour, il envisageait de démissionner ou de délocaliser le festival dans une autre ville - après l'édition 2014, car "on n’arrête pas un cheval lancé en pleine course".

"Avignon doit être le lieu de la marche des fiertés  fierté politique", déclarait-il à Libération.
Invité sur France Inter un peu plus tôt dans la matinée, il avait estimé qu'il était difficile pour un directeur de festival "de voir compromis le spectacle d’ouverture"Il avait d'ailleurs promis qu'il n’annulerait pas le Festival, même en cas de grèves.
Engagé depuis 2003 au côté des intermittents, l'ancien patron du théâtre subventionné de L'Odéon à Paris découvre cette année ce que sont les responsabilités d'un directeur de Festival régi par la loi de 1901 sur les associations. Il ne semble donc pas suffire de soutenir les revendications un jour et de défendre la tenue des spectacles le lendemain.

Les intermittents du spectacle du Festival d'Avignon sont imprévisibles
Mardi, à une large majorité, ils avaient en effet voté  en faveur de la tenue de la première, mais tout en se réservant la possibilité d'autres initiatives, grèves partielles ou totales: une technique des trotskistes, notamment.
L’ensemble des troupes des festivals In et Off d’Avignon devraient tenir une nouvelle assemblée générale le mercredi 9 juillet prochain pour décider d’éventuelles autres actions. Sans garanties qu'ils tiendront parole...

Cette riposte "nécessaire" respecte-t-elle artistes et public ?

Le gouvernement doit assumer "ses décisions et leurs conséquences" a froidement estimé vendredi le numéro un de la CGT, puisqu'il a agréé la convention d'assurance-chômage le 26 juin

Thierry Lepaon a jugé la mobilisation "nécessaire".
"La CGT n'empêche jamais personne de travailler, la CGT s'oppose à la convention-chômage telle qu'elle a été négociée", a-t-il réaffirmé sur France Info. "Elle s'oppose à l'agrément qui a été donné par le ministre du Travail, elle organise la riposte qui est une riposte nécessaire, utile pour l'avenir du spectacle vivant dans notre pays".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, continue pour sa part d'assurer que les partenaires sociaux ont été respectés, souhaitant que "tout puisse se passer au mieux".
"Mon souci (...) c'est vraiment que les artistes, les techniciens puissent jouer et que les spectateurs puissent aller les voir", a-t-elle raconté sur RTL.
"L'inquiétude des intermittents, je la comprends, assure-t-elle en boucle, comme tous les membres des gouvernements de Hollande depuis 26 mois. "C'est pour cela qu'on a lancé cette grande concertation qui va aboutir à une vraie réforme pour sécuriser un régime qui est indispensable à tous les artistes et à tous les techniciens".

La "grande concertation" a débuté il y a seulement deux semaines... 
Manuel Valls a lancé ...fin juin une mission de concertation censée redéfinir le régime des intermittents pour sortir des crises à répétition dans ce secteur. Le Premier ministre a annoncé qu'en attendant l'Etat  ceux des Français qui sont soumis à l'impôt prendraient à leur charge le "différé d'indemnisation" prévu par la convention.
Les trois membres de la mission, Hortense Archambault,ancienne administratrice du Festival, Jean-Patrick Gille, (ici, escort boy de la ministre Filippetti, ancien professeur non titulaire de l'EN, député PS d'Indre-et-Loire, spécialisé dans les questions de formation professionnelle et d'emploi des jeunes, mais rapporteur de commission parlementaire sur les conditions d'emploi dans les métiers artistiques, adopté unanimement par les députés, à l'insatisfaction générale) et Jean-Denis Combrexelle (ex-directeur général du ministère du Travail), doivent remettre leurs propositions finales avant fin décembre.

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